Nos lectures d'hiver 2021

  • Dans ce coin du XXe arrondissement de Paris, on les remarque sans les connaître. Ils portent les mêmes noms, ne se mêlent pas aux autres. Au café, à l'école, Suzanne entend des rumeurs sur ces troublants « cousins ». Alors elle cherche, interroge. Et peu à peu, les pièces du puzzle s'ajustent pour former un tableau sidérant. Depuis 1892, huit familles ont décidé d'unir leur destin pour n'en former qu'une, soudée par la religion, le secret et des règles de vie strictes. Entre eux, ils se nomment « la Famille ». Dans cette communauté qui rassemble plusieurs milliers de personnes, on habite les mêmes immeubles, on s'épouse entre soi. Les règles y sont nombreuses, les vies toutes tracées. Il y a aussi les fêtes, la solidarité. Ceux qui veulent s'affranchir sont contraints de partir.

  • « Qu'il soit entendu que je ne donne de leçons à personne. J'essaie de tirer les leçons d'une expérience séculaire et séculière de vie, et je souhaite qu'elles soient utiles à chacun, non seulement pour s'interroger sur sa propre vie, mais aussi pour trouver sa propre Voie. » E.M.

    À 100 ans, Edgar Morin demeure préoccupé par les tourments de notre temps. Ce penseur humaniste a été témoin et acteur des errances et espoirs, crises et dérèglements de son siècle. Il nous transmet dans ce livre les enseignements tirés de son expérience centenaire de la complexité humaine.
    Leçons d'un siècle de vie est une invitation à la lucidité et à la vigilance.

  • « Au premier abord, elles sont invisibles. Et puis, un beau jour, vous commencez à les remarquer... ».
    Pupa, une ex-gynécologue acerbe au corps tout fripé, décide d'offrir à ses deux amies des vacances luxueuses dans un spa à Prague. Beba, une ancienne infirmière aux cheveux blonds et aux seins énormes, est la reine des lapsus et cite constamment des poèmes qu'elle n'a jamais appris. Kukla, une grande femme élégante, a été veuve plus souvent qu'à son tour. Pendant leur séjour, ce trio étonnant de vieilles sorcières vivra de folles aventures dans un décor de massages, de mousse, de jeux de hasard : elles croiseront un jeune masseur dont le membre est perpétuellement au garde-à-vous, un Américain richissime, un mafieux russe ruiné et un médecin spécialiste de la jeunesse éternelle...
    Avec Baba Yaga a pondu un oeuf, Dubravka Ugrešic réécrit le mythe slave de Baba Yaga - une sorcière mangeuse d'enfants - pour évoquer le devenir des femmes âgées. C'est un roman érudit, hilarant et plein d'autodérision.

  • Sémi

    Aki Shimazaki

    Après plus de quarante ans de mariage, Tetsuo et Fujiko se sont installés en maison de retraite car Fujiko, atteinte de la maladie d'Alzheimer, requiert une prise en charge particulière. Un matin, au réveil, elle ne reconnaît plus son époux. D'abord en grand désarroi, Tetsuo entreprend finalement de reconquérir celle qui le prend désormais pour un étranger auquel elle se trouve simplement fiancée. 

  • Alors que le narrateur vient d'apprendre qu'il sera bientôt père d'une petite fille, le téléphone sonne. À l'autre bout du fil, sa mère. Le bateau de son père, Jean, vient de sombrer « corps et biens ». Jamais Jean ne saura que sa petite-fille s'appellera Louise.
    Peut-être pour lui rendre hommage, peut-être pour apaiser son chagrin, le narrateur se met alors à écrire le roman de ce coquillier blanc et bleu, Ar c'hwil, né presque en même temps que lui. Derrière l'histoire du bateau, c'est celle du père, de ses peines et de ses drames qui se profile. Mais aussi celle d'une famille, faite d'amour filial et fraternel. Une famille simple, où la pudeur des sentiments est de mise. Une histoire intimement liée à celle de la Bretagne, de la pêche et des crises qui ont jalonné la seconde partie du xxe siècle.
    À travers une chronique à la fois intime et sociale évoluant sur près de soixante ans, Grégory Nicolas rend hommage au courage des pêcheurs et de ceux qui les attendent.

  • Dans Ce n'est pas un hasard (P.O.L 2011), écrit dans le contrecoup de la triple catastrophe de Fukushima, Ryoko Sekiguchi abordait la question de la « veille de la catastrophe ». En arrivant à Beyrouth en 2018, elle ne pouvait pas se douter que cette ville était à son tour menacée par des drames imminents, la révolte anti-corruption en février 2020 et la terrible explosion du port de Beyrouth en août. Durant sa résidence d'un mois et demi, 961 heures précisément, elle avait prévu de faire le portrait de la ville à travers les gestes des cuisiniers et les histoires de cuisine partagées par les Beyrouthins. Ce projet d'écriture a été en partie bouleversé. Le livre est saisi alors dans la nostalgie d'un Beyrouth d'avant les catastrophes. Ce devait être un livre de cuisine savoureux, rempli de la joie du partage. L'idée était forte : dans une société multiethnique et multiconfessionnelle, une étrangère peut voir s'ouvrir à elle plus de portes qu'aux habitants. Chacun lui livre ses récits les plus intimes. Mais l'autrice comprend alors que le livre s'est écrit dans un avant-drame. La ville qu'elle explore devient « la ville d'avant l'explosion du 4 août 2020 ».
    Japonaise vivant entre la France et le Japon, Ryoko Sekiguchi est familière des moeurs « orientales ». Elle mène une réflexion sur ces « deux Orients » que sont le Liban et le Japon, et les autres Orients qu'elle a connus, comme l'Iran ou la Syrie.
    Celle qui avait, dans Nagori (P.O.L 2018), su réunir divers thèmes sous l'angle du passage des saisons, pousse encore plus loin le défi. A travers le prisme de la cuisine, elle traite ici des questions de transmission, de mythe, de tradition, des symboles culinaires, mais aussi de la mémoire, des catastrophes, des non-dits, de la grande famine libanaise, de la fracture sociale, ou encore de l'immigration. En s'appuyant sur le cas libanais, elle met en lumière le sort des « intouchables » (burakumin) au Japon, grand tabou que les Japonais n'ont pas encore levé à ce jour.
    Le livre est composé de 321 micro-chapitres qui tous font écho d'une certaine façon à une recette de cuisine, un plat, une saveur.

  • Harvey

    Emma Cline

    Harvey a mal partout. Le bracelet électronique n'arrange rien, il a les chevilles fragiles et l'escalier tapissé de la villa qu'on lui prêtée est difficile à manoeuvrer. Demain c'en sera fini, il sera disculpé de tout ce qu'on lui a mis sur le dos dans le seul but de lui nuire. Dès demain il pourra se lancer dans de nouveaux projets. Entre deux coups de fil à ses avocats, qu'il parvient à ne pas envoyer complètement balader, il aperçoit Don de Lillo dans le jardin voisin. Adapter son chef-d'oeuvre, Bruit de fond, au cinéma. Voilà. C'est LE moment de faire ce film, braille-t-il au téléphone. En attendant, le médecin doit venir lui faire une perfusion, une nouvelle thérapie, à la pointe. Devant le miroir, Harvey songe qu'il doit se faire blanchir les dents.
    Il demandera à son assistante de lui prendre rendez- vous, et de lui arranger une entrevue avec de Lillo. Ah, et sa fille Kristin vient dîner ce soir avec Ruby, sa petite-fille. Tout le monde semble penser qu'il joue sa vie, demain. Il ne voit pourtant pas de raison de s'inquiéter, surtout quand il lit les commentaires de soutien sur internet - il y en a - et surtout après la perfusion, qui le fait dériver dans l'espace. Il a tout le temps devant lui.

  • Ce roman de l'auteure des «Mémoires d'un chat» suit le trajet de la ligne Imazu de la compagnie de chemin de fer privée Hankyû. Organisé en deux parties de huit chapitres chacune (comme les huit arrêts du train), il se déroule au printemps dans le sens Takarazuka-Nishinomiya, et en automne pour le retour. À chaque arrêt, de nouveaux passagers montent, se parlent, s'observent. Et, d'un trajet à l'autre comme d'une saison à l'autre, le lecteur se fait l'observateur des paysages changeants, des multiples trajectoires de la vie et surtout de l'évolution de chacun des personnages montés à bord.

  • Très loin sur la côte nord du golfe Saint-Laurent se trouve au milieu du chemin un panneau de signalisation portant le mot FIN : le voyageur doit s'arrêter à cette hauteur. Or, au-delà de la limite de l'asphalte existent sur plusieurs centaines de kilomètres des communautés qui ne sont accessibles que par les airs, l'eau ou la glace, selon les saisons. Fascinée depuis son enfance par le bout de la route 138, Noémie Pomerleau-Cloutier est allée à la rencontre des Coasters - innus, francophones et anglophones -, a enregistré leurs voix pour remailler en poème ces territoires morcelés et ces luttes à finir. La patience du lichen est un témoignage poétique d'une rare envergure, un reportage au grand coeur qui plonge dans l'histoire et l'intimité de cette partie méconnue du Québec.

    Le reste du monde n'est pas plus large que ce qui afflue ici

  • Ressac

    Diglee

    En février 2020, sur un coup de tête, Maureen Wingrove a décidé de s'éloigner d'une situation familiale compliquée, de s'éloigner du monde et des réseaux sociaux pour tenter de se retrouver. Direction la Bretagne, pour une semaine de retraite dans une abbaye battue par les embruns. Une semaine dense, intense. Une semaine assaillie par des vagues de souvenirs, par des émotions, par des portraits de femmes, par des rencontres insolites et inoubliables. Une semaine face à elle-même, en quête de sérénité, que Maureen Wingrove partage ici avec nous.

    Ressac est le journal de cette parenthèse. Un récit sensible et puissant, à la fois extrêmement intime et universel, qui touchera en plein coeur toutes celles et ceux qui ont déjà éprouvé cette sensation de trop plein, ce désir de prendre le large.



    Maureen Wingrove (Diglee) est une illustratrice, autrice de bande dessinée et romancière française. Elle a récemment publié Libres, puis Baiser après MeToo (avec Ovidie). ELle est également passionnée de poésie et de littérature.

  • Phrases courtes, mot juste, lucidité et humour : le monde d'Agota Kristof infuse dans L'Analphabète, son seul récit autobiographique, paru pour la première fois en 2004 : onze chapitres pour onze moments de sa vie, de la petite fille en Hongrie qui dévore les livres à l'écriture de ses romans. Les premières années heureuses, la pauvreté après la guerre, l'amour des mots, la rupture du « fil d'argent de l'enfance », puis l'adolescence, et finalement l'exil, qui ne la conduit pas seulement hors d'un pays, mais surtout hors d'une langue.

  • gone girl

    Gillian Flynn

    When a beautiful woman goes missing on her fifth wedding anniversary, her diary reveals hidden turmoil in her marriage and a mysterious illness; while her husband, desperate to clear himself of suspicion, realizes that something more disturbing than murder may have occurred. By the best-selling author of Dark Places . 70,000 first printing.

  • «Une semaine qu'elle tient. Une semaine qu'elle n'a pas cédé. Adèle a été sage. En quatre jours, elle a couru trente-deux kilomètres. Elle est allée de Pigalle aux Champs-Élysées, du musée d'Orsay à Bercy. Elle a couru le matin sur les quais déserts. La nuit, sur le boulevard Rochechouart et la place de Clichy. Elle n'a pas bu d'alcool et elle s'est couchée tôt.
    Mais cette nuit, elle en a rêvé et n'a pas pu se rendormir. Un rêve moite, interminable, qui s'est introduit en elle comme un souffle d'air chaud. Adèle ne peut plus penser qu'à ça. Elle se lève, boit un café très fort dans la maison endormie. Debout dans la cuisine, elle se balance d'un pied sur l'autre. Elle fume une cigarette. Sous la douche, elle a envie de se griffer, de se déchirer le corps en deux. Elle cogne son front contre le mur. Elle veut qu'on la saisisse, qu'on lui brise le crâne contre la vitre. Dès qu'elle ferme les yeux, elle entend les bruits, les soupirs, les hurlements, les coups. Un homme nu qui halète, une femme qui jouit. Elle voudrait n'être qu'un objet au milieu d'une horde, être dévorée, sucée, avalée tout entière. Qu'on lui pince les seins, qu'on lui morde le ventre. Elle veut être une poupée dans le jardin de l'ogre.»

  • 1936, Jaffa, Palestine. Ibrahim et Abraham, deux marchands de tissu voisins, l'un musulman d'Istanbul et l'autre juif d'Odessa, s'associent pour l'achat d'un précieux lot de coton égyptien. Mais lors d'un massacre, la famille d'Abraham est anéantie. Ibrahim, pour ne pas perdre son investissement et récupérer la part d'Abraham, décide d'usurper son identité. Miriam, sa femme, tente en vain de s'y opposer. Ibrahim, devenu Abraham, inventera, pour lui et pour sa fille, une variante inédite du marranisme. L'imposture aura plus tard des conséquences sur le destin de deux autres femmes.
    1938, en Italie. Giuditta, élevée dans une totale laïcité, découvre son appartenance juive alors que les lois raciales entrent en vigueur et l'obligent à la dissimuler pour affronter une vie pleine de dangers.
    En 1991, Esther, sa fille et troisième héroïne de ce roman, se voit proposer un drôle de mariage et sera prise malgré elle dans un imbroglio identitaire aux conséquences imprévisibles.
    D'Istanbul à Djerba, de Bâle à Miami, d'Ancône à Rome, ces vies dérobées tissent la trame d'un roman qui pose une question tout à fait contemporaine :
    De quoi nos identités sont-elles constituées ?

  • Louise a enfin rencontré l'homme idéal, intelligent et attentionné. Carlos a quitté l'Espagne pour exercer le métier de sage-femme à Paris. Il n'y aurait pas la moindre ombre entre eux si, la nuit, il ne devenait violent et ne parlait en dormant (en espagnol et avec véhémence) ; au matin, il dit ne se souvenir de rien. Que cache sa somniloquie ? Pour en avoir le coeur net, un soir, à son insu, Louise dispose près de son oreiller un enregistreur. La matière des cauchemars collectée, compilée, traduite, analysée quotidiennement avec son amie Jeanne la place face à une évidence troublante : Carlos ressasse une scène qui semble l'impliquer. Les indices sur la victime, les lieux, les récriminations échangées avec ses complices sont sans équivoque. Le rêve récurrent d'un crime fait-il du dormeur un suspect ? Les deux femmes décident de mener l'enquête sur place, en Espagne. À Marbella, elles se mettent à écumer les bars mal famés des bas quartiers, une photo de Carlos à la main. Elles ne passeront pas inaperçues, et les choses prendront vite une tournure menaçante.

  • Alice croyait avoir trouvé la maison de ses rêves...
    Quand Léo et elle emménagent au Cercle de Finsbury, une résidence haut de gamme en plein Londres, la jeune femme est persuadée de prendre enfin un nouveau départ. Et tant pis si les choses sont allées un peu vite avec Léo et si celui-ci a pris en charge leur emménagement sans véritablement la consulter. La maison est parfaite, la résidence idéale, et les voisins semblent si accueillants !
    ... Mais ce fut celle de ses pires cauchemars.
    Lorsqu'Alice apprend que Nina, qui vivait dans la maison avant qu'ils n'emménagent, y a été sauvagement assassinée, le vague sentiment d'insécurité qu'elle ressentait jusqu'alors se transforme en peur, puis en terreur. Une présence étrange semble hanter les murs et ni Léo, qui semble lui cacher beaucoup de choses, ni les voisins, qui consacrent le plus clair de leur temps à s'épier les uns les autres, ne la rassurent.
    Et puis l'on passe bien trop facilement d'une maison à l'autre, à l'intérieur du Cercle, pour pouvoir y dormir en paix.

  • Soissons, printemps 806. Charlemagne annonce le futur partage de l'empire en faveur de trois de ses fils, en présence du pape Léon III. Au milieu de la foule, un homme tente d'assassiner celui-ci. Winigise, duc de Spolète, rattrape le coupable. Le duc a la confiance de Charlemagne, qui le charge alors de surveiller la révolte montante chez les belliqueux Vascons, responsables de la défaite de Roncevaux en 778.
    Sur place, dans les murs du fortin de Lapurdum, Winigise et ses alliés découvrent un inquiétant message écrit en lettres de sang, qui condamne un roi sans le nommer. On murmure que le responsable serait Johan de l'Ours, un monstre issu des légendes pyrénéennes. Winigise envisage pour sa part un crime habilement déguisé. Il ne se doute pas encore qu'une sanglante conjuration vient de débuter...

  • la forêt des disparus

    Olivier Bal

    • Xo
    • 22 Avril 2021

    « Dans cette forêt, tu peux toujours y entrer, mais tu n'en sortiras jamais... » Des murs d'arbres géants, séquoias millénaires qui se referment comme un piège. Des randonneurs qui disparaissent sans laisser de traces. Il ne fait pas bon traîner dans les bois de Redwoods, au bord du Pacifique, dans l'Oregon.

    Au coeur de cette forêt maudite, un homme vit isolé de tous. Ici, on l'appelle l'Étranger. En réalité, son nom est Paul Green, un ancien journaliste qui a connu son heure de gloire avec l'affaire Clara Miller.

    Un soir, une jeune adolescente, Charlie, vient frapper à sa porte. Elle est blessée, paniquée. Pour elle, Paul est le seul à pouvoir l'aider. Car là-bas, au milieu des arbres, Charlie a connu l'horreur...

  • le cadeau

    Sebastian Fitzek

    Il est des cadeaux qu'on pre´fe´rerait ne jamais recevoir...

    Arre^te´ a` un feu a` Berlin, Milan Berg aperc¸oit sur le sie`ge arrie`re d'une voiture une ado terrorise´e qui plaque une feuille de papier contre la vitre. Un appel au secours ? Milan ne peut en e^tre certain : il est analphabe`te. Mais il sent que la jeune fille est en danger de mort.

    Lorsqu'il de´cide de partir a` sa recherche, une odysse´e terrifiante commence pour lui. Accompagne´ d'Andra, sa petite amie, Milan est contraint de retourner sur l'i^le de son enfance. La`, il va de´couvrir des pans entiers de son passe´ qu'il avait oublie´s...

    Une cruelle prise de conscience s'impose alors : la ve´rite´ est parfois trop horrible pour qu'on puisse continuer a` vivre avec elle - et l'ignorance est souvent le plus beau des cadeaux...

    Comme a` son habitude, Sebastian Fitzek a imagine´ un sce´nario diabolique qui manipule le lecteur pour son plus grand plaisir.

  • Curiosity, petit robot géologue, travaille sur Mars depuis 2012.
    Il reçoit tous les matins des messages de Dieu qui, depuis la Terre, lui dit quoi faire. Le rover ne s'est jamais habitué à sa planète, pas plus qu'aux températures glaciales ni, surtout, à sa solitude. Curiosity souffre, c'est un robot « sociable » désespérément en quête d'amitié et de sens à donner à son existence.
    En proie au désespoir, Curiosity s'accroche à une conviction :
    Dieu ne peut pas l'avoir fait social par hasard, une mission particulière l'attend ! Un matin pourtant, il comprend que Dieu va bientôt l'abandonner, sa mort est programmée. Le doute l'envahit. À quoi bon avoir vécu, si on est privé de destin ? Désespéré, il commence à écrire son testament. Les trois nuits suivantes seront pleines de révélations.
    Une immense métaphore de l'artiste condamné à sa solitude, et du désir de transcendance !
    Curiosity est suivi d'une nouvelle inédite de l'auteure, L'Agrandirox, récit de science-fiction d'après « La Superficine », de S. Krzyzanowski, qui s'ancre dans la période du confinement lié au Coronavirus.

  • « Dans cette ville de cyniques, où personne ne croit en rien de peur de se faire avoir, je voudrais parler de Felice et Noé qui sont les seules personnes de plus de vingt-cinq ans à croire à ce qu'ils vivent. Je voudrais parler de ça, de l'amour d'un homme et d'une femme, parler de l'impossible qui a lieu, parler de ceci qui n'a aucun témoin, de ceci tellement intime qu'il est invisible à ceux qui ne le vivent pas, je voudrais parler de ceci dont on ne peut qu'interpréter les signes ou inventer les scènes. Je voudrais savoir pourquoi deux personnes peuvent rester côte à côte, se frotter longuement l'une à l'autre, et y prendre plaisir ; et continuer pendant des années. » Lors d'un été de canicule, secoué par la crise des Gilets jaunes, un romancier désabusé veut croire qu'on peut encore écrire sur le grand amour. Et le vivre. Felice et Noé, une avocate et un dessinateur que tout semble séparer, l'entraînent alors dans le secret de leur couple : le goût du risque, la soif de désir et de beauté. Avec ce roman d'enquête intime, Alexis Jenni choisit la ligne claire et dessine l'amour dans toutes ses dimensions, sensuelle et spirituelle.

  • Kit Meinem d'Atyar est peut-être le plus doué des architectes de l'Empire. Peut-être... Ce qui ne fait aucun doute, en revanche, c'est qu'il lui faudra convoquer toutes ses compétences, l'ensemble de son savoir pour mener à bien la plus fabuleuse réalisation qui soit, l'oeuvre d'une vie : un pont sur le fleuve de brume qui de tout temps à coupé l'Empire en deux. Un ouvrage d'art de quatre cents mètres au-dessus de l'incommensurable, cette brume mortelle, insondable, corrosive et peuplée par les Géants, des créatures indicibles dont on ne sait qu'une chose : leur extrême dangerosité.

    Par-delà le pont... l'abîme, et une aventure humaine exceptionnelle.

  • les fossoyeuses

    Taina Tervonen

    Une anthropologue, une enquêtrice, une journaliste : trois femmes font parler les morts et les vivants, en quête de vérité dans un pays marqué par la guerre.

    Senem est anthropologue judiciaire, et Darija enquêtrice. L'une travaille avec les morts, l'autre avec les vivants, dans un pays traumatisé par les guerres des Balkans : la Bosnie-Herzégovine.
    Ces deux femmes d'une trentaine d'années n'ont pas choisi leurs métiers très particuliers, liés à l'histoire de leur pays. Senem est chargée d'identifier les ossements humains retrouvés dans des charniers vieux de dizaines d'années, quand Darija se rend dans les familles comptant des disparus pour écouter leur parole et prélever leur ADN.
    Lorsque Taina rencontre Senem et Darija, la journaliste n'a aucune idée de l'ampleur de leur travail sur les disparus. Elle va suivre pendant plusieurs mois leur quête de vérité, essentielle pour l'histoire de leur pays et pour les familles qui n'ont jamais pu faire le deuil des êtres perdus.

  • un soir au club

    Christian Gailly

    Sait-il, vraiment, Simon Nardis, qu'il rate son train pour ne pas laisser passer sa chance ? Une chance double, celle de retrouver la musique qu'il avait perdue et la femme qu'il n'espérait plus. Seulement voilà, qui dit train dit horaire, qui dit horaire dit morale, qui dit morale dit vie conjugale. Simon Nardis était déjà marié.

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