Mika Biermann

  • Voilà l'été. Berthe Morisot, peintre impressionniste, et Eugène Manet, son mari affable, quittent Paris pour une partie de campagne. Ils posent valises et chevalet dans une maison champêtre, havre d'une douceur estivale propice à toutes sortes d'expérimentations nocturnes.

    Dans ce roman formant un diptyque avec Trois jours dans la vie de Paul Cézanne, Mika Biermann confond allègrement mots et couleurs, phrases et perspectives, écriture et peinture.
    De ces pages, comme d'autant de toiles, surgissent des méditations corrosives sur la chair comme matière à peindre.

  • L'oeil chafouin, le poil hirsute, Paul Cézanne crapahute dans la garrigue, suant sous son melon, le chevalet harnaché sur le dos comme à un baudet. Apparaît la bottine d'une femme gisant sur un talus, et c'est le drame.
    Trois jours dans la vie de Paul Cézanne suffisent à Mika Biermann pour faire sauter les écailles de peinture, gratter la trame, ajourer jusqu'à l'os le portraitiste de la Sainte- Victoire.
    Il transforme un thriller sordide en une Odyssée sur une mer de peinture, dans des pinèdes et des sous bois aux nuances fauves, sur les traces du peintre bourru, vaniteux et obsédé par des chimères grotesques qui n'engendrent pas la mélancolie.
    On en termine la lecture avec les doigts maculés de couleurs vives et l'oeil fringant.

  • Booming

    Mika Biermann

    Surgis du fin fond du décor, Lee Lightouch et Pato Conchi, le grand maigre et le petit gros, se rendent à Booming pour raison sentimentale.
    « Personne ne va à Booming » ; « Prenez un bonbon, je ne crois pas qu'ils en aient » : on les avait pourtant prévenu. Kid Padoon et sa bande font régner la terreur à Booming, le shérif à leur botte, le bordel à leur service, le saloon à leur disposition, le croque-mort aux petits soins.
    Mais ça n'est encore rien : il y a quelque chose de détraqué à Booming, un truc qui coince, qui débloque, qui recoince et qui vous rend cinglé.
    Accrochez-vous : Booming est un western quantique qui se joue des balles et du temps qui passe.

  • Roi

    Mika Biermann

    Beau comme l'antique ! Turpidum, la bien nommée, est la dernière cité étrusque indépendante. Larth, son roi à peine sevré, se sent un peu perdu dans son décorum fatigué. Sous le ciel bleu indifférent, la peinture des fresques s'écaille en silence, la populace s'affaire par les ruelles au sol gras, on prépare le sable pour les jeux dans l'arène. Rome exige l'abdication du petit roi maigrichon, amateur de fruits juteux et bien arrondis. Un énigmatique gladiateur masqué fait son apparition par intervalles.
    La reine mère agonise au fond de son palais, pourrissant comme une gloire inutile.
    Matière et lumière, soleil et pénombre. Des couleurs par giclées, écrasées à la spatule. Du laurier, un cyprès, une olive, les mollets luisants des légionnaires. Un péplum

  • Sangs

    Mika Biermann

    Jeff père de famille « normal », garagiste et vendeurs de voitures d'occasion, marié à Janet, père de Bea, Elvis, et Anne, est enlevé par un psychopathe qui le séquestre et le torture durant quelques semaines avant d'être pris. Nous assistons au détail des sévices subis par Jeff - c'est un récit à la première personne, difficile à soutenir...
    Quelques années plus tard nous retrouvons cette famille alors qu'Elvis travaille pour l'armée américaine et vit dans une cave, qu'Anne est à l'asile, que Bea est mariée à un pré- dicateur passablement dérangé, et que Jeff leur père vit au sommet d'un terril en interdisant quiconque d'approcher : une famille modèle comme on voit, qui se réunit pour les obsèques de Janet morte en Inde après avoir fui bien des années auparavant mari et enfants.
    A partir de là : folie pure, déchaînement des pulsions, course poursuite avec la police et réunion des survivants et de la morte sur les lieux où Jeff a été torturé. Ils décident d'y vivre en communauté et commencent, cela va de soi, par un feu de joie...
    Le nouveau livre de Mika Bermann est sous-titré « Roman américain ». Et, de fait, pour ce qui concerne le décor et l'atmosphère, les personnages, on s'y croirait. Cela rend un son terriblement juste, et révèle, pour le moins, une remarquable connaissance de la littérature américaine. A part cela, il s'agit d'une véritable descente aux enfers, racontée avec une préci- sion, une documentation, un talent, une verve, un sens du gore et du grotesque et un humour rares...Un tableau apocalyptique d'une société et d'une construction familiale pathologique.

  • Un gros garçon à la limite de la débilité se retrouve, à la mort de ses parents dans un accident de téléphérique, hérite de leur maison et de quoi vivre sans trop se soucier de l'avenir immédiat. Il découvre. au sous-sol de la demeure familiale un village miniature, comme une maquette que son père. suppose-t-il, aurait construite en secret. Mais ce qui est encore plus étrange c'est que ce village miniature semble habité. Et de fait il l'est par des créatures lilliputiennes dont nous allons suivre la vie quotidienne et les aventures peu ordinaires en même temps que Mikki qui s'est équipé des instruments les plus sophistiqués pour le faire. Grotesque, grinçant, fantastique, « énaurme » et réjouissant jusqu'à ce que le pitoyable démiurge Mikki déclenche l'apocalypse.

  • Palais à volonté

    Mika Biermann

    "Dépecer un cadavre. Vivre sur une île déserte. Trouver Berthe. Coiffer des vieilles. Couler avec un paquebot. Frayer avec des soldats sadiques. Devenir comptable. Perdre Berthe. Prendre la grande roue. Se livrer à des actes de zoophilie avec des insectes. Construire un radeau. Dans le désordre. On n'en croit pas un traître mot".

  • Teke Nouv.

  • L'expédition scientifique de L'Astrofant dans les contrées antarctiques était de calibre standard, avec au programme un petit supplément ludique : envoyer dans le ciel de minuit le 31 décembre 2000 un feu d'artifice depuis le pôle Sud pour célébrer l'avènement du nouveau millénaire. Du gâteau.
    Prétendre que tout a dérapé sur les pentes d'un iceberg serait trop facile - et très en-deçà de la vérité. Mika Biermann est parvenu à retracer la chronique de cette nef des dingues dans un récit polyphonique parfaitement givré qui inaugure d'éblouissante manière le roman d'aventures du XXIe siècle.

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