Gerard Louis

  • La Lorraine a cette particularité d'être constituée de quatre départements qui, par leur géographie et leur histoire, sont aussi différents que complémentaires. Née, à la fin du Xe siècle, sous le règne de Lothaire, elle ne rallia la France, sans conviction, qu'au décès de Stanislas Leszczynski, en 1766. Devenue française et composée à la Révolution de la Meurthe-et-Moselle, de la Meuse, de la Moselle et des Vosges, la Lorraine n'oublia pas les nombreux pays qui la composaient. Ces derniers, ignorant les limites prescrites, ont perpétué traditions et cultures locales autant que les "modernismes" successifs le permettaient. Malgré les ravages perpétrés ici par les grands conflits européens, la Lorraine est toujours riche d'un patrimoine architectural et artistique souvent méconnu. Cet ouvrage montre une Lorraine beaucoup plus colorée qu'on ne le dit. Il présente un panorama des trésors du passé et des beautés naturelles du present ; il se veut une invitation à la découverte et à l'étonnement. Villes et villages, architecture, patrimoine, paysages..., d'un pays à l'autre, les gens qui y vivent, confiants et chaleureux, ont façonné la Lorraine présentée ici comme une sorte de chef-d'oeuvre toujours sur le métier. Dans ces pages ou sur ses chemins, la Lorraine est belle à voir.
    Le beau livre attend par la Lorraine et les Lorrains : 200 pages, 520 photos ... Du pays de Jeanne d'Arc à Dabo, de l'Argonne à la Déodatie, de la place Stanislas au pays haut, des verrières de la cathédrale de Metz à l'étrange cimetière Saint-Hilaire de Marville, les plus beaux sites du patrimoine de la région

  • Les Macaronis ont mis les pieds en Lorraine pour creuser dans les mines, casser des cailloux ou bâtir des maisons. Beaucoup ont été tués par le travail avant d'avoir revu leur chère Italie.
    Durant le vingtième siècle, théâtre des pires abominations, la France a vu arriver des cohortes de «Polaks» et de «Ritals» pour faire tourner sa sidérurgie en plein essor. Ce furent alors de beaux destins fracassés sur l'autel du redressement industriel ou emportés dans la tourmente de conflits mondiaux qui, ici plus qu'ailleurs, ont dévasté un pays à l'esprit déjà européen.
    Les Gelli, Donatelli ou Peduzzi, ces pauvres gens venus d'Italie ont donné naissance à des générations de «loups», estampillés rouges, qui ont construit et changé l'image de notre société pour le meilleur et pour le pire.

  • La France, après avoir formellement rendu la Lorraine au duc Léopold en 1697, tente dès 1700 une manoeuvre pour annexer en douceur la Lorraine : elle propose un échange au duc Léopold. Celui-ci céderait ses Etats de Lorraine pour recevoir en échange le Milanais. Tenté un instant par cet échange, le duc finit par y renoncer devant les réactions extrêmement courroucées de l'ensemble de son peuple.
    Beau-père de Louis XV, Stanislas Leszczynski, roi déchu de Pologne, se voit attribuer en 1738 le duché de Lorraine en compensation ; mais la Lorraine sera rattachée à la France à son décès. Ce qui arrive le 23 février 1766 à 88 ans. Les duchés de Lorraine et de Bar, qui lui avaient été remis en viager par son gendre Louis XV, furent ainsi annexés au Royaume de France. Pour le meilleur, mais surtout pour le pire...
    La première partie de l'ouvrage évoque les origines des oppositions à la France et de l'attachement dynastique tel qu'il se présente au XVIIIe siècle en Lorraine. La seconde partie privilégie quant à elle une traque des fidélités, à travers les attitudes, les paroles et les actes, et tente de dresser une typologie des oppositions lorraines.

  • En devenant français, en 1766, les Lorrains perdent la mémoire de leur passé souverain. Désormais frontière exposée de sa nouvelle patrie déclarée «en danger», la Lorraine devient patriote de la France, oubliant sa propre indépendance et son identité. À présent fusionnée dans la région Grand Est, va-t-elle perdre son âme en perdant à nouveau son nom ? Plutôt «taiseuse», d'une fierté discrète, va-t-elle à nouveau s'oublier, se fondre dans le Grand Est ? La Lorraine est-elle une monnaie qui n'a plus cours ? Que faire alors de ce curieux et tenace sentiment d'appartenance à une culture européenne originale ? Que faire de cette tendresse ressentie par l'auteur pour la terre de sa famille, meurtrie, constamment reconstruite où l'on sut durer et résister, au prix souvent de lourds silences ? Que faire de cet attachement à une patrie qui n'existe plus? Mais au fond, cet espace européen fracturé a-t-il jamais constitué une patrie ?
    Pour tenter de répondre à ces questions, l'auteur propose «une randonnée» dans l'histoire de notre «petite patrie», dans ses paysages, ses sites historiques et son patrimoine exceptionnel pour contribuer, parmi beaucoup d'autres, à retrouver la mémoire et la parole. Aux sources des meilleurs historiens de la Lorraine, cette «randonnée» dans cette verte contrée ouverte sur l'Europe, dans son passé complexe, douloureux et prestigieux, recherche ses lignes de force, ses fragilités, pour nourrir une réflexion citoyenne, une fierté, une ambition, une volonté d'évoluer en demeurant soi-même.

  • 1870 est une année à marquer au fer rouge pour les Fran¬çais et plus particulièrement pour les Mosellans, en pre¬mière ligne. Sous un prétexte fallacieux, Otto von Bismarck, en génie machiavélique, va pousser la France et son empereur Napoléon III, à déclarer la guerre contre la Prusse dans le seul but d'assurer l'unité de l'Allemagne. La confiance des armées gauloises après le succès de la prise de Sarrebrück, sera vite anéantie par les déficiences de l'état-major. De l'offensive, il passe au mode défensif. Les citadelles mosellanes de Metz, Thionville, Bitche et Longwy vont ainsi se retrouver face aux armées prussiennes et ses alliés. Les commandants de place s'organisent tant bien que mal. Mais la chute inattendue de Metz et la «trahison» de Bazaine changent la donne. Faute de renforts et abandonnées de tous, les autres places fortes ne pouvant résister au déferlement prussien, rendent les armes. La dernière à lâcher prise sera Bitche en mars 1871. Cette guerre catastrophique s'achèvera par la signature du traité de Francfort dont les conséquences vont peser sur les populations de Moselle et d'Alsace puisque ces dernières vont quitter le giron de la Mère Patrie pour intégrer le Reichsland et ce, pour quarante-huit années. Jusqu'aux premiers jours de la Grande Guerre

  • De la Première Guerre mondiale, les mémoires ont gardé, à juste titre, le souvenir de l'ampleur des pertes humaines et des destructions. Bruno Rouyer nous dévoile dans cet ouvrage un aspect peu connu et parfois oublié de ce conflit : l'aide inestimable que les chiens de guerre y ont apportée. Du recrutement des chiens à l'élaboration du Service des chiens de guerre, l'auteur détaille le parcours militaire du "meilleur ami de l'homme". Il évoque l'utilité, sanitaire et affective, le dressage, les fonctions (auxiliaires télégraphistes ou patrouilleurs, chiens de liaison, de sentinelles, de trait et porteurs) de ce fidèle auxiliaire des poilus. Il retrace l'épopée des chiens de traineaux de l'Alaska dans les Vosges, la place des chiens dans la propagande de guerre puis leur démobilisation et leur utilisation après la guerre. Citations, décorations, anecdotes, romans, poèmes dont ils furent le sujet, monuments à leur gloire, la liste est longue des témoignages qui leur furent rendus.

  • Le rayonnement de Lunéville doit beaucoup à la décision du duc Léopold Ier d'y installer sa cour et d'y reconstruire un château plus vaste et confortable lorsque, en 1702, il dut quitter Nancy occupée par les Français. Pourtant, c'est vers 990 que Folmar l'ancien construisit le premier château au bord de la Vezouze. Le développement économique et religieux de la ville date des XIVe et XVe siècles pour atteindre son apogée au XVIIIe siècle. A partir de cette époque, les fastes du château et son extension stimulent l'activité de la ville : fondation d'une faïencerie, arrivée en garnison de la «gendarmerie de France». Devenue chef-lieu d'arrondissement, Lunéville va participer au XIXe siècle industriel et construire de nouvelles casernes. Le chemin de fer arrive en 1852, la broderie perlée et la faïencerie comme l'usine de wagons créée par de Dietrich emploient de nombreux ouvriers... Le XXe siècle, marqué par ses conflits mondiaux et ses bouleversements sociétaux, obligera Lunéville, à l'image de la Lorraine, à redéfinir sa place au sein des enjeux économiques nouveaux et à mettre en avant ses atouts touristiques et traditionnels.

  • En 1914, Henri Wetzstein a 20 ans. Résidant à Nancy, il est, dès la mobilisation, sergent au 10e régiment du génie à Toul, lequel faisait partie de la 73e division (général Lebocq). Sapeur, ses premières actions consistent à conforter la sécurité du fort de Villey-Saint-étienne puis, au gré des événements et des déplacements de son unité, on le retrouve au Bois le Prêtre, à Verdun, sur la butte de Vauquois, dans la Somme, faisant même partie du corps expéditionnaire français en Italie, d'octobre 1917 à mars 1918.
    En juillet 1961, alors contraint de «garder la chambre» et pour s'occuper, il rédige ses mémoires. Celles-ci constituent l'essentiel de cet ouvrage.
    Extrait :
    «Voilà donc en quelques pages les pauvres souvenirs de guerre qui me sont restés présents à l'esprit. Bien des détails y manquent évidemment...
    ...Certains passages n'ont pas été écrits sans émotion, non pas du fait seul des événements ;
    Mais entre poilus, nous n'étions pas étrangers les uns des autres, et c'est ce souvenir ineffaçable de tant de bons camarades, tués ou rescapés, le souvenir de cette vie infernale, ... que seuls pouvaient créer notre misère, le feu, la boue et le sang. Et cela a duré 52 mois.»

  • Intimement liée à l'histoire du duché de Lorraine, Lunéville est marquée par une spécificité cavalière dès le XVIIIe siècle, notamment à partir de son rattachement au royaume de France en 1766. Patiemment établie comme une cité cavalière de référence, d'expérience et d'excellence peu après le Premier Empire, Lunéville s'affiche progressivement après la guerre de 1870-1871 et les amputations territoriales du traité de Francfort comme une garnison de cavalerie majeure d'extrême frontière.
    Ainsi, durant près de 150 ans, Lunéville vivra au rythme de ses nombreux régiments de cavalerie et particulièrement à partir de 1871, compte tenu de la proximité de la nouvelle frontière imposée par l'Allemagne. Cuirassiers, dragons, chasseurs à cheval... la 2e division de cavalerie reste, dans le coeur des Lunévillois, comme le symbole d'une période de prospérité et d'expansion, qui voit par ailleurs la création de nombreuses industries. La seule «Cité cavalière de France», élégante autour de son admirable château, perpétue chaque année le souvenir vivant des liens durablement établis entre son histoire et celle de la cavalerie.

  • A l'image de sa population, la cuisine, en Lorraine, s'est nourrie de tous les ingrédients qui ont fait son histoire.
    Entre tradition venue du fond des âges ou d'ailleurs, ce livre, en 130 recettes est le reflet des goûts et des habitudes culinaires qui plaisent aux Lorrains et autres gastronomes. Potée, Quiche, Vin de Mûres, Tarte aux Mirabelles, Tofailles, mais aussi Salade mêlée, Ragoût d'Escargots, fondue à la Cancoillotte,... autant de bonne raisons de redécouvrir une cuisine de terroir authentique. Déjà enfant, Anne-Lise Henry côtoyait les fourneaux suspendue aux jupes de sa grand-mère.

  • Aux IXe et Xe siècles, des vagues d'incursions scandinaves et hongroises déferlent en Europe. Si ces mouvements sont bien connus concernant d'autres régions, le constat est drastiquement différent pour la Lorraine. En se basant sur les limites actuelles de la région, cette étude retrace par le biais d'une analyse chronologique les actions des Vikings et des Hongrois sur ce territoire.
    «Nous avons frappé avec l'épée. Je dis qu'il n'est que juste Qu'un homme en affronte un autre Dès lors qu'ils ont pris les armes. Le brave ne recule pas devant le brave, C'est depuis longtemps sa noblesse ; Le bourreau des coeurs doit toujours Etre valeureux dans le tumulte des glaives1» Cet extrait tiré du Chant de Kraka, l'ode d'adieu de Ragnar Lothbrok (Ragnar «aux braies velues»), nous présente la bravoure d'un Viking au combat. Il illustre également parfaitement l'image que nous nous faisons du guerrier viking, à savoir un homme rompu aux arts du combat et ne reculant jamais devant l'adversité.»

  • Avant 1914, de part et d'autre de la nouvelle frontière, la Lorraine et l'Alsace furent des hauts lieux de l'espionnage, conséquence de la défaite française de 1870, deux générations d'agents secrets vont s'y affronter jusqu'à l'inéluctable conflit. Pour quelques francs ou quelques marks, pour laver l'affront ou pour se rêver une double vie, ces voisins, que chacun soupçonnait «d'en être», étaient ouvriers, paysans ou commerçants... Ces anonymes manipulés furent broyés par des enjeux qui les dépassaient, finissant en prison, déportés, certains perdant la vie pour une photo de la construction d'un fort ou le plan d'un nouveau fusil Lebel transmis à l'ennemi. Parfois rocambolesque, souvent dramatique, l'histoire vraie de ces gens simples, dans un contexte politique troublé, préparait le choc d'août 1914.
    Si quelques noms sont restés : Charles Appell, Karl Zahn, Alain Gerber... l'affaire Schnaebele aura exacerbé durablement la méfiance qui prévalait alors entre les pays «frères» ennemis.
    Alors pratiqué dans l'amateurisme, le renseignement, en temps de guerre ou de paix, est maintenant jugé vital pour la sécurité des pays...

  • A la fin du XVIe siècle, le concile de Trente instaure des congrégations destinées à regrouper les abbayes des ordres anciens. La Lorraine, terre de catholicité, se trouve à la pointe du renouvellement des pratiques religieuses. C'est tout naturellement que s'y créent les premières congrégations dont celle des bénédictins. Fondée par Didier de La Cour, condisciple de Pierre Fourier et Servais de Lairuelz à l'université de Pont-à-Mousson, la congrégation de Saint-Vanne et Saint-Hydulphe naît en 1604.
    Pour la première fois, l'histoire de cette congrégation qui donne naissance à celle de Saint-Maur est publiée. Erudits, les bénédictins de Lorraine enrichissent les sciences et les arts sans négliger pour autant leurs devoirs religieux. Si quelques personnalités dominent à l'instar de Dom Calmet, le plus grand nombre de ces religieux demeurent dans l'ombre des cloîtres. C'est à leur rencontre que Claude Faltrauer, docteur en histoire de l'université Lyon 2, vous emmène, en parcourant les bâtiments qu'ils se font construire. Pour la première fois, dix-neuf maisons sont replacées dans leur contexte historique comme une invitation à sillonner la Lorraine de Saint-Avold à Moyenmoutier, de Munster à Saint-Mihiel et du Saint-Mont à Bouzonville sans oublier Toul et Nancy.

  • Dans la liste des plus beaux métiers du monde, celui de sage-femme occupe indéniablement la première place. Elle représente l'une des figures les plus universellement connues depuis l'Antiquité. Le terme sage, du latin sapiens, indique que cette femme possède la connaissance et l'expérience pour aider les autres à accoucher. Intervenant au coeur de la naissance, elle a toujours tenu, tient encore, un rôle clé dans la vie des femmes. Cet ouvrage aborde une profession qui a évolué au fil du temps, des savoirs et des techniques. Il cherche à mettre en valeur des sages-femmes emblématiques de Lorraine qui ont oeuvré et parfois combattu afin d'être reconnues et de pouvoir exercer librement leur métier ; retrouver leur place au coeur de la santé des femmes et des nouveau- nés, sans oublier les pères. Enfin, Christiane Jeanvoine évoque ses combats avec les parents pour l'Accompagnement Global de la Naissance et pour la création à Nancy d'une Maison de Naissance. Aujourd'hui, s'il y a le mot sage dans le nom de leur profession, c'est parce qu'elles ont ce regard spécifique sur ce que donner la vie signifie.

  • Il est des lieux, en Lorraine comme ailleurs, où souffle l'esprit, des lieux qui naturellement attirent femmes et hommes épris de vérité, de foi et de so¬litude.
    Dans les Vosges, au carrefour de deux vallées, le Saint-Mont avec ses fondateurs : Romaric, Amé, Claire, Gerbetrude et Sabine et ses religieux est à l'origine d'une christianisation locale qui depuis le VIIe siècle s'est propagée sur un large territoire.
    Au cours des siècles suivants, l'éclosion de la sainteté se fait à tout moment. Ainsi de Jeanne d'Arc, héroïne de la guerre de Cent Ans, canonisée en 1920, de saint Pierre Fourier (1565-1640) ou de Joseph Formet (1724-1784), dit Frère Joseph, l'er¬mite de Ventron...

  • C'est un de ses descendants imaginé par l'auteur qui fait revivre son aïeul en publiant une longue lettre que Charles Bagard est censé avoir écrite à son petit-fils dans les dernières années de sa vie. On y découvre non seulement un jeune étudiant amoureux puis un médecin fervent serviteur de la Lorraine dans la période tourmentée qui fut la sienne au XVIIIe siècle, un humaniste avide de connaissances qui rencontra Montesquieu et soigna Voltaire, fidèle en amitié, travailleur infatigable, mais aussi un homme avec ses doutes, ses regrets et qui, vieillissant, reste malgré tout soucieux de transmettre aux générations suivantes son amour de la vie et sa confiance en l'avenir.
    Extrait :
    «Je m'appelle Charles-Elie Bagard, je suis nancéien, j'ai quarante-cinq ans et je suis médecin. J'ai une soeur, trois cousins et je suis l'aîné de ma génération. Je ne sais pas combien de générations se sont succédées depuis qu'un de nos aïeux, Charles Bagard, est devenu médecin au début du XVIIe siècle mais ce que je sais - si toutefois on peut parler de savoir quand il s'agit de coutumes familiales rapportées sans aucune preuve - c'est que depuis cette date il y a eu un médecin dans chaque génération et que l'aîné de chacune d'elles se devait de porter le prénom de Charles. Jusqu'à présent je n'ai pas de fils mais j'ai deux filles dont j'ignore encore quelle profession elles choisiront. Un de mes cousins a un fils qui est plus âgé que mes filles et qui est je crois l'aîné de sa génération mais il ne s'appelle pas Charles et veut devenir architecte.»

  • Dans ce troisième volet de la série des «Macaronis», Jeff Gelli nous embarque dans un récit «autobiographiquement» bouleversant qui mêle, avec une cruelle lucidité, les tragédies du passé et les chagrins éternels. Voulant en finir avec ses fantômes et ses phantasmes, il se découvre, pétri d'émotions, cherchant comme une bête aux abois les traces des joies partagées et celles du sang versé pour l'honneur et la liberté par des ancêtres errant, toujours et encore, sur les routes de l'exil.
    D'un étrange sanatorium perdu en Meuse à la rafle de la communauté italienne à Talange en 1944, la quête aux souvenirs est sans fin, pour la mémoire de ceux qui sont revenus de déportation et celle de ceux qui y sont restés. Une histoire presque universelle qui révèle aujourd'hui encore la complexité des hommes et leur faculté à se détruire.
    «Bien sûr, il y avait les petits Macaronis ! Ils étaient nombreux - au-delà du raisonnable selon la population locale - mais les mines et les aciéries manquaient de bras. Des dizaines de milliers d'émigrés italiens avaient depuis plus de vingt ans, par la volonté des de Wendel, ensemencé les coteaux noircis du nord de la Lorraine. Des kilomètres de cités sortirent de terre jusqu'aux frontières du Luxembourg et de la Belgique. Des cités où la population était à dominante italienne avec une pincée de Polacks. Jeff Gelli

  • La bataille de Verdun en 1916 a fait sortir le siège de 1870 des mémoires. Pourtant en août 1870 et pendant plus de 80 jours, Verdun a subi le blocus allemand. À trois reprises, le 24 août, le 26 septembre et du 13 au 15 octobre, la ville est bombardée. Par ses nombreuses sorties, par sa comba¬tivité, sa garnison a représenté une gêne pour les com¬munications allemandes. Seules la capitulation de Metz et la menace d'un bombardement de grande am¬pleur expliquent la capitulation de Verdun le 9 novem¬bre 1870. Après 1871, la défaite de la France et la perte de l'Alsace-Lorraine placent la Meuse à quelques di¬zaines de kilomètres de la nouvelle frontière et expli¬quent la militarisation renforcée de la place. Occupée durant 1 000 jours, Verdun est la dernière ville évacuée par les Allemands, en septembre 1873. Marquée par une répression réelle bien que limitée, l'occupation s'est globalement déroulée dans une at¬mosphère assez apaisée, ce qui n'exclut pas les ressen¬timents envers les Allemands. Le souvenir de la Guerre de 1870 a occupé une place trop méconnue dans la politique, l'art et la littérature françaises, à Verdun comme ailleurs. Le courage des Verdunois durant le siège de 1870 s'inscrit dans le temps long de l'histoire militaire de Verdun, la ville des «onze sièges», entre celui de 1792 et la bataille de 1916.

  • Les élans créatifs que l'épinette éveille sont originaux, authentiques, parfois même atypiques, et toujours passionnés. Il est vrai que sa lutherie polymorphe, ses pratiques variés et sa délicatesse sonore n'aident pas à sa reconnaissance !
    C'est en dépoussiérant des archives datant de 1957, que Jean-François Dutertre a remarqué que les épinettes des Hautes-Vosges n'avaient pas toujours été aussi rudimentaires que ce que le folklore local nous a laissé croire. Ses découvertes méritaient une actualisation des connaissances. Enquêtant à distance, Jean-François a sollicité la collaboration de Christophe Toussaint, facteur d'épinettes vosgien.
    Ce dernier s'est pris au jeu et a apporté quelques planches à l'édifice, en présentant la vie et la production des « épinettiers » vosgiens les plus féconds du siècle passé.
    Alors qu'une seul étude avait été jusqu'à présent effectuée en Suède, Norvège et Belgique, Christophe Toussaint a apporté sa contribution en modélisant les gammes utilisées sur des instruments à la fois aussi semblables et diversifiés que le sont nos Épinettes des Vosges.

  • On sait que l'imprimerie typographique, inventée au 15e siècle par Gutenberg, a permis le développement du livre, mais on a peut-être moins conscience qu'une seconde invention par Senefelder a fait considérablement évoluer l'imprimerie : la lithographie. Aussi notre ouvrage se propose t-il de montrer son importance tout au long du XIXe siècle. A cet effet, il évoquera d'abord les circonstances de la naissance de ce nouvel art, en 1796 à Munich, et sa diffusion progressive en Europe. Puis il se focalisera plus précisément sur son implantation en Lorraine (Metz, Nancy...) et surtout dans les Vosges à partir du XIXe siècle, essentiellement dans les deux Imageries d'Epinal, Pellerin et Pinot, jusqu'en 1896, année du centenaire de la lithographie et de l'Imagerie Pellerin.
    Grâce à l'abondante iconographie (plus de 190 images) accompagnant le texte, cette évocation d'un siècle d'utilisation de la lithographie permettra de mesurer son rôle capital, tant dans le domaine artistique que commercial, avant qu'elle ne soit progressivement concurrencée au début du XXe siècle par un nouveau procédé d'impression, l'offset.

  • Visiter Nancy, capitale historique de la Lorraine, c'est parcourir en quelques heures, ou quelques jours, 1000 ans d'une histoire marquée par le long règne des ducs de Lorraine et leur influence dans la construction de la civilisation européenne. C'est apprécier l'esprit des Lorrains pétri par les années de misère gravées par Jacques Callot et illuminé par celles industrieuses et créatives d'Emile Gallé et les artistes de l'Ecole de Nancy. Découvrir Nancy, c'est fouler, en Vieille-Ville, les pavés de la rue du Mort-qui-trompe et savourer le silence de la chapelle des Cordeliers ; traverser la place de la Carrière et l'Arc Héré pour embrasser du regard l'harmonie et la majesté de la place Stanislas...Ville de Culture et d'Art, Nancy "l'européenne", aujourd'hui tournée vers son futur, reste fière de son passé.

  • "Tiens bon", telle était la devise que Jules Crevaux s'était forgée au fil de ses explorations. Il fallait en effet une force de caractère exceptionnelle pour arpenter durant six ans le bassin septentrional de l'Amazonie. Jules Crevaux, Lorrain né en 1847, devenu chirurgien de la Marine, décida d'explorer ces régions où personne n'avait encore osé s'aventurer. Soutenu par Jules Ferry, alors ministre de l'Instruction Publique, il sillonna, dans un esprit humaniste et scientifique, la Guyane française, puis alla jusqu'aux confins des Andes. Il parcourut ainsi 12 000 kilomètres, le plus souvent en pirogue, mais aussi à pied voire à dos de mule. Sa curiosité et son savoir protéiforme firent progresser la connaissance de ces régions lointaines tant sur le plan du naturalisme, de la géographie que de l'ethnologie. Il partagea ses découvertes en publiant dans la revue Le Tour du Monde les récits de ses explorations illustrés par Riou ou Valette. Il mourut tragiquement, assassiné puis mangé par les Indiens Tobas, sur les bords du Pilcomayo. À Paris, le Musée du Quai Branly renferme et expose une partie de ses collections.

  • Ligier Richier, surnommé parfois le Michel Ange lorrain, a été l'un des plus grands sculpteurs de la Renaissance. Cet album est le premier à présenter la totalité de ses oeuvres connues. Rien n'y manque, de la magnifique petite tête de Christ conservée dans une boîte à la bibliothèque protestante de Paris au moindre personnage des calvaires. Il a de surcroît bénéficié de possibilités exceptionnelles offertes par des travaux dans la maison de l'artiste ou surtout par la dépose et la sortie de l'enfeu, pour restauration, des statues de la célèbre Mise au tombeau de Saint-Mihiel. Des détails jusqu'ici à peu près inconnus ont pu être ainsi photographiés. Cet ouvrage de référence intéressera non seulement les spécialistes (ou les Lorrains fiers de leur patrimoine) mais tous les amateurs d'art. Dans cet ouvrage est présenté l'ensemble de l'oeuvre sculptée de Ligier Richier, entreprise qui n'avait jamais été effectuée d'une manière exhaustive.

  • Lieu sacré pour ses premiers habitants, lieu de culte pour les Celtes, les Leuques, les Gallo-Romains et, encore aujourd'hui, sanctuaire et lieu de pèlerinage des Chrétiens, la colline de Sion attire toujours celles et ceux qui souhaitent, quelques heures durant, respirer la quiétude d'un lieu "où souffle l'esprit" selon la formule de Maurice Barrès.
    Le tour de la colline qu'il est aisé de faire à pied, raconte en filigrane son histoire qui remonte à plus de quatre mille ans, une rareté en Europe. Ce site exceptionnel représente pour les Lorrains le symbole de leur mémoire comme le socle de leur identité. À Vaudémont comme à Sion, chacun peut apprécier le lieu à sa mesure, dans une grande liberté. Croyants ou non, beaucoup de visiteurs cherchent encore aujourd'hui les petites étoiles de Sion, petits fossiles appelés "encrines" rattachés à une légende très ancienne.
    Havre de paix et de sérénité mais aussi espace d'animations et de festivités, ceux qui "montent sur la colline de Sion" ont tous un point commun la quête d'une lumière particulière, celle que l'on découvre au fond de soi...
    Par Martine Huot-Marchand avec la participation de Gilles Laporte.

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