Ophrys

  • Un ouvrage de synthèse sur la question de la notion de subordination dans la langue française.

  • Cet ouvrage constitue la toute première synthèse consacrée aux caractéristiques du français parlé en interaction. Il montre comment décrire les interactions langagières et prendre en compte la dimension temporelle de leur construction par plusieurs participants dans des situations particulières. Il permet aussi de comprendre comment, dans cette coproduction, la langue s'intègre, avec d'autres ressources (gestes, postures, regards, etc.), au sein de configurations séquentielles multimodales.
    Au fil des pages, le lecteur découvrira que la description du français parlé en interaction implique de considérer non seulement les formes orales de la langue et la temporalité inhérente au discours, mais aussi les spécificités des productions co-construites séquentiellement par plusieurs participants. Il verra également comment tenir compte du caractère situé de la parole en interaction, c'est-à-dire des situations sociales dans lesquelles les participants se trouvent engagés comme acteurs. Il apprendra enfin à considérer au même titre, dans l'étude des configurations multimodales, les formes linguistiques standard, routinières ou sédimentées, et les bricolages incessants auxquels se livrent les locuteurs en fonction des nécessités interactionnelles.
    L'ouvrage comporte de nombreux exemples d'analyses minutieuses (fondées sur des extraits d'interactions naturelles, audio- ou vidéo-enregistrées dans des situations sociales variées), qui explorent le détail des pratiques des locuteurs.

  • Les déterminants, ces petits mots qu'on croit parfois "vides de sens ", jouent au contraire un rôle fondamental dans l'interprétation d'un énoncé : ce sont eux qui règlent le mode de construction des référents des groupes nominaux.
    Après avoir délimité sur des bases distributionnelles la catégorie des déterminants, ce livre propose un ensemble cohérent de définitions sémantiques permettant d'expliciter les instructions données par chaque déterminant pour actualiser le sens du nom introduit dans l'énoncé. Ces définitions sont formulées à partir de l'observation et de la comparaison systématiques des propriétés syntaxiques des différents déterminants dans les phrases.
    Elles tiennent compte des très nombreuses analyses récentes que les linguistes - dont l'auteur - ont consacrées à ce domaine de la grammaire. L'ouvrage devrait ainsi permettre à quiconque s'intéresse à l'apprentissage et à l'enseignement de la langue de se faire une idée claire du fonctionnement du système des déterminants du français. On sait que les déterminants sont l'une des principales difficultés rencontrées par ceux qui apprennent le français : une compréhension globale du fonctionnement de ce système complexe les aidera donc à manier plus facilement ces "petits mots".

  • Grâce aux nouveaux instruments techniques (enregistrements sonores, analyse automatique de la prosodie, stockages informatiques, constitution de grands corpus), les langues parlées sont devenues, depuis quelques années, un nouveau terrain d'investigation pour les linguistes et pour les informaticiens. Mais que sait-on vraiment du fonctionnement du français parlé, et comment faut-il s'y prendre pour l'étudier de façon scientifique ? C'est à ces deux questions que le présent ouvrage entend répondre. S'opposant à l'idée reçue selon laquelle la langue parlée et la langue écrite n'auraient pas la même grammaire, l'auteur s'emploie à montrer que les deux se laissent globalement décrire avec les mêmes règles syntaxiques, à l'exception de deux secteurs particuliers : la morphologie et la prosodie. La langue parlée utilise en effet des procédés différents de ceux qu'indique l'orthographe de la langue écrite ; par ailleurs, la prise en compte de l'intonation permet de postuler l'existence d'une « macro-syntaxe » riche et complexe, qui met en jeu d'autres unités que celles de la phrase. Le français parlé ne constitue donc pas une sorte de dégénérescence du français écrit, dont il menacerait l'évolution future, mais un système dont l'étude nécessite la maîtrise de procédures techniques de transcription ainsi que le recours à des méthodes d'analyse particulières, ici présentées. De plus, le parlé des conversations familières n'est pas le même que celui des discours publics, des récits, des argumentations ou des explications techniques : un échantillon des textes choisis permet d'appréhender cette diversité des usages. Cet ouvrage est une nouvelle édition réactualisée de celui qui a été publié sous le même titre en 1997.

  • La préposition est, si l'on en croit les grammaires de référence, une catégorie simple : mot invariable, elle relie deux termes tout en intégrant le second au premier.
    Son traitement dans les manuels est dès lors fort limité. D'après les dictionnaires, les prépositions sont, au contraire, des unités lexicales très complexes qui méritent, chacune, un traitement fort développé. Ce paradoxe s'observe également au niveau de la recherche linguistique : il existe de nombreuses études portant sur telle ou telle préposition, voire sur l'un ou l'autre emploi particulier, mais peu de travaux d'ensemble.
    Face à ce double constat, le présent ouvrage se propose, d'une part, de creuser la description des propriétés fondamentales de la catégorie et, d'autre part, d'introduire à la multiplicité des études sur les prépositions particulières, en tentant de mettre en évidence les questions que l'analyse des prépositions ne peut manquer de soulever, et de baliser les voies qui peuvent mener à leur résolution.
    Le parcours proposé s'articule en trois étapes. Il débute par une réflexion d'ordre syntaxique. Les propriétés attribuées à la préposition sur la base de la définition traditionnelle sont confrontées aux observations qu'autorisent les multiples emplois des prépositions. Il s'en dégage un double constat : la flexibilité syntaxique des prépositions est insoupçonnée et celle-ci impose de repenser la notion de classe de mots.
    La seconde étape propose une enquête sur le sens des prépositions. Pour en rendre compte, il convient de prendre en considération les tensions entre les propriétés sémantiques intrinsèques de la préposition et l'apport du contexte (reflété dans la distribution), entre les informations d'ordre linguistique et d'ordre cognitif, entre les emplois qui relèvent de domaines pré-structurés, tel l'espace, et ceux qui ne se laissent pas identifier a priori et qui sont, de ce fait, trop hâtivement qualifiés de 'figurés', voire de 'vides'.
    Il importe également de soulever la question de l'unité sémantique d'une préposition et des façons d'en rendre compte. La dernière étape explore les contours de la classe des prépositions, par une double quête des limites : il s'agit, en premier lieu, de dégager les processus qui sous-tendent la création incessante de nouvelles prépositions et, en second lieu, de montrer comment certains emplois de prépositions comme des affranchissent et relèvent de fonctionnements distincts.
    Au terme du parcours, le lecteur disposera des clés nécessaires pour aborder de manière autonome l'étude des prépositions et des travaux qui leur ont été consacrés. Il aura également pu se rendre compte que les prépositions constituent un observatoire privilégié pour mettre en évidence l'interaction entre le système grammatical et la diversité du lexique et pour mesurer l'étroite interdépendance des propriétés syntaxiques, sémantiques et interprétatives.

  • L'ouvrage recense et analyse les différents types de moyens d'expression de la manière en français (syntaxiques, lexicaux, morphologiques et grammaticaux).
    Les principaux mécanismes de construction du sens de manière sont ainsi dégagés et une définition de cette notion sémantique est proposée, ce qui ouvre de nouvelles perspectives théoriques et pédagogiques en la matière.

  • Le français parlé par les jeunes fait plus souvent l'objet de clichés (journalistiques ou commerciaux) que de véritables études. En s'appuyant sur des données établies de façon minutieuse, des descriptions rigoureuses et un examen critique des stéréotypes les plus courants, le présent ouvrage permet de saisir à la fois la diversité des parlers jeunes et leur continuité avec les façons de parler des autres locuteurs du français.
    Les études présentées ici sont menées sur la base du corpus MPF (Multicultural Paris French), nouvellement recueilli en région parisienne en vue d'étudier d'éventuels effets du contact des langues de l'immigration sur le français parlé en région parisienne, en particulier par les jeunes. Constitué d'entretiens dits « de proximité » et d'enregistrements « écologiques » entre pairs, ce corpus fournit des données inédites sur une langue vivante, restée jusqu'à présent peu visible.
    En s'appuyant sur des exemples issus du corpus, l'ouvrage propose une série de descriptions de cette langue au plan phonique (le prétendu « accent » des jeunes), grammatical (les « écarts » par rapport à la syntaxe standard) et lexical (les mots « nouveaux » employés). Ces observations conduisent tout naturellement à s'interroger sur l'évolution de la langue (les innovations observées préfigurentelles des changements à venir ?) et sur les catégorisations sociologiques (comment les groupes énoncent-ils leur identité ?).

  • Le présent dictionnaire contient environ 2 500 verbes les plus courants du français actuel. Pour chaque entrée, sont donnés :
    O l'indication de la prononciation du verbe et de son auxiliaire ;
    O la liste des constructions du verbe, avec des exemples typiques ;
    O des synonymes ou des paraphrases qui en explicitent le sens.
    Véritable répertoire des structures de base du français, cet ouvrage s'adresse à tous les usagers de la langue. Il sera un outil d'aide précieux pour les apprenants et les enseignants de français (langue maternelle ou étrangère).
    Savoir construire, comprendre ou reformuler à bon escient une phrase française, suppose en effet qu'on possède la " clé " : le verbe. Grâce à sa présentation attractive, le dictionnaire permet à chacun de s'entraîner et d'acquérir les bons réflexes en vue d'une meilleure maîtrise de la langue.
    À la fois dictionnaire des constructions verbales, dictionnaire des contextes témoins et dictionnaire explicatif des sens des verbes recensés, l'ouvrage pourra également intéresser les traducteurs et servir de modèle pour les dictionnaires bilingues.

  • Invitation au voyage aspectuo-temporel, ce livre propose au linguiste, à l'étudiant, à l'enseignant et au lecteur curieux, de rencontrer une famille de fortes personnalités : les temps de l'indicatif.
    Difficile de leur tenir tête : chacun d'entre eux, du passé, du présent ou du futur, est unique dans son sémantisme. Face à la dure loi de l'offre et de la demande cotextuelle, tous tiennent à leur intégrité sémantique, et entendent jouer jusqu'au bout, en langue comme en discours, leur rôle dans le système verbal du français. Comme toute famille, les temps de l'indicatif ont leur histoire, et leurs histoires.
    Le passé antérieur est vieillissant, l'imparfait semble souvent être autre chose que ce qu'il est, le présent n'est peut-être pas qui l'on croyait, le futur simple est confronté à un trublion, le présent prospectif, qui ne manque pas d'appétit, et des temps surcomposés vivent aux marges du système... Le présent ouvrage offre une synthèse à la fois documentée et facile d'accès sur un des points les plus spécifiques de la langue française : le système complexe et dynamique des temps de l'indicatif.
    Il décrit le fonctionnement de chacun d'eux, de la langue au discours, dans ses emplois les plus typiques comme dans ses usages les plus spécifiques, en s'appuyant sur de nombreux exemples empruntés aux différents genres du français, tant oral qu'écrit, avec le souci constant d'analyser précisément et finement le rôle joué par le temps verbal dans la production des différentes effets de sens en discours.

  • Comment structurer et gérer un ensemble hétérogène d'informations mêlant faits et textes ? A tous ceux qui ont à travailler, à un moment ou à un autre de leur activité professionnelle, sur des données de nature hybride, le présent ouvrage entend apporter de façon claire et accessible des réponses sur la façon de constituer, de modifier ou d'interroger une base associant données factuelles et données textuelles. L'ouvrage part d'études de cas réels. Il présente trois vraies bases, développées pour des besoins spécifiques par des linguistes, des littéraires et des personnels médicaux, mais représentatives de cas de figure extrêmement fréquents en sciences humaines. Sociologues, psychologues, historiens... y reconnaîtront eux aussi les problèmes qu'ils rencontrent pour l'analyse de leurs données. De façon la plus pédagogique possible, l'apport des bases de données se trouve explicité, face aux limites des traitements de texte et des tableurs. Le lecteur trouvera une présentation de l'ensemble des opérations fondamentales permises par les bases de données (extraction, tri, regroupement, combinaison d'informations...) et touchera du doigt la complexité des interrogations possibles et des questions auxquelles elles permettent de répondre de manière fiable et précise. La page web consacrée à l'ouvrage sur le site des éditions Ophrys (www.ophrys.fr) fournit un supplément de plus de 500 pages, visualisable et imprimable. Ce deuxième tome détaille la réalisation effective (plus de 650 copies d'écran) des opérations présentées dans le premier tome, avec deux systèmes de gestion de bases de données : Access et MySQL. Il ajoute des approfondissements, des compléments et plus de 70 exercices corrigés. Sur cette page, figurent également des versions de chaque base de données pour chaque système.

  • Tout francophone connaît le sens d'expressions comme tirer le diable par la queue ou cacher son, jeu. Mais qui. en France, comprend tomber avec son derrière dans le beurre ('avoir de la chance'), utilisée en Belgique, y aller aux bines ('aller très vite'), courante au Québec, ou encore ça va pas le chalet ! ('c'est insensé !'), qui se dit en Suisse ? A l'inverse, sait-on que. hors de l'Hexagone, des expressions telles que se faire appeler Arthur ou peigner la girafe ne sont guère connues ? De même qu'il y a des belgicismes, des québécismes et des helvétismes, il existe des francismes. L'intérêt des locutions figées n'est plus à démontrer : massivement présentes dans la langue de tous les jours. elles sont une source de difficultés tant pour le traitement automatique du langage que pour l'enseignement des langues vivantes. La démarche adoptée est innovante : les expressions sont décrites non seulement du point de vue de leur sens, l'aspect le plus marquant pour les usagers, mais aussi de leur syntaxe et de leur usage pragmatique. L'étude inclut ainsi une série de phrases figées usuelles à l'oral qui constituent de simples routines conversationnelles, telles que Tu parles !, ll faut le faire !. T'occupe pas du chapeau de Ici gamine, etc. La variation géographique est systématiquement prise en compte. Les expressions sont classées selon qu'elles sont communes aux quatre variétés de la francophonie considérées (constituant ainsi le véritable stock idiomatique du français commun), spécifiques à une seule d'entre elles, ou partagées par deux ou trois des variétés. L'ouvrage a bénéficié de la collaboration de chercheurs qui sont locuteurs natifs d'une des variétés étudiées ici : Jean-René Klein (Université de Louvain-UCL), Jacques Labelle (Université du Québec à Montréal), Christian Leclère (Université de Paris-Est), Annie Meunier (Université de Paris 8) et Corinne Rossari (Université de Fribourg).

  • Dans cet ouvrage à destination des enseignants, étudiants et chercheurs en français et en linguistique française, 37 spécialistes du français parlé et de sa diffusion, représentant 12 pays et 23 universités, ont rassemblé leurs forces afin d'offrir les ressources nécessaires à tous ceux qui souhaitent explorer les variétés de français parlé actuellement dans une grande partie de l'espace francophone. Six grandes zones francophones sont représentées : la France hexagonale septentrionale, la France hexagonale méridionale, la Belgique, la Suisse, l'Afrique et les DROM, l'Amérique du Nord.

  • Source de malentendus possibles dans la communication, et de redoutables difficultés pour les traitements automatiques, l'ambiguïté est inscrite au coeur de toute langue, et le français n'y échappe pas.
    Professionnel de la parole ou simple usager de la langue, chacun s'y trouve un jour confronté. Comment dépister l'ambiguïté ? Comment la décrire dans une théorie linguistique ? Comment l'éviter ou au contraire en jouer dans les échanges langagiers ? C'est à ces questions que répond le présent ouvrage. Il offre au lecteur les moyens de caractériser l'ambiguïté en la distinguant d'autres cas d'incertitude interprétative, comme le non-dit, le vague ou l'implicite.
    Il présente les diverses stratégies de résolution et de pré-correction de l'ambiguïté mises en oeuvre par les humains, et aussi dans les programmes de traitement informatique de la langue. Il décrit les différents types d'ambiguïtés du français écrit ou oral à chacun des niveaux de l'analyse linguistique : ambiguïtés morphologiques, syntaxiques, sémantiques et pragmatiques. Accessible, d'une lecture facile et illustré par de nombreux exemples, ce manuel constitue la première synthèse consacrée aux ambiguïtés en français.
    Par-delà les enseignants, chercheurs et étudiants, théoriciens de la langue, du discours ou de la communication, il s'adresse à tous les praticiens de la parole ou de l'écriture, attentifs aux conditions de fonctionnement et de dysfonctionnement du langage, ainsi qu'au grand public cultivé de tous les francophones soucieux d'approfondir les mécanismes linguistiques et cognitifs qui sous-tendent l'usage de notre langue.

  • Qu'est-ce qu'un nom propre ? Est-ce seulement un parent pauvre du nom commun ? Pourquoi ne le trouve-t-on pas dans les dictionnaires ? La majuscule en est-elle vraiment une marque distinctive ? C'est à ces questions diverses que tente de répondre cet ouvrage, qui propose un panorama du nom propre sous tous ses aspects.
    Après une première partie qui revient sur toutes les idées reçues et inscrit le nom propre dans le champ de la linguistique, celui-ci est abordé selon trois grandes perspectives : du point de vue du lexique tout d'abord, avec son traitement lexicographique et ses caractéristiques morphologiques ; du point de vue syntaxique ensuite, avec l'examen des constructions du nom propre dans le syntagme et dans la phrase, et la présentation de l'idée de modification ; du point de vue du sens enfin, avec l'important héritage de la logique et de l'onomastique, et la difficile élaboration d'une représentation d'un sens linguistique pour le nom propre.
    Il s'agit donc d'une présentation complète et synthétique qui fait suite aux nombreux travaux de recherche dont le nom propre a récemment fait l'objet. Destiné aux enseignants et aux étudiants, ce manuel revient sur un sujet trop longtemps négligé, en lui donnant toute sa dimension linguistique sans pour autant négliger la richesse de ses relations avec l'ensemble des sciences humaines et sociales.

  • Vous avez dit "intonation" ? Vous voulez dire que j'ai "l'accent marseillais" ? Cette interprétation populaire de l'intonation est plus proche de la réalité qu'on ne l'imagine. Effectivement, prononcez correctement les consonnes et les voyelles d'une langue étrangère, placez même l'accent là où il le faut, si vous n'avez pas l'intonation de cette langue, vous serez immédiatement pris pour un étranger ; mais si vous en possédez l'intonation, pour l'oreille d'un natif vous serez un autochtone de pure souche, malgré par ailleurs votre mauvaise prononciation qui sera attribuée à une origine provinciale ; c'est dire l'importance de l'intonation qui est l'une des premières structures linguistiques, acquise dès l'enfance. Le développement impétueux de l'intonologie depuis une vingtaine d'années est un témoin de cette importance. Qu'est-ce alors que l'intonation ? S'il s'agit d'une structure, non d'une simple mélodie comme on l'a longtemps cru, comment définir son réseau de relations ? C'est à cette question que l'auteur tente de répondre ici dans une description de l'intonation du français dont il propose une interprétation nouvelle. Le linguiste spécialiste de syntaxe, de sémantique ou de pragmatique se rend compte que des catégories et des unités autres que celles qu'il manipule dans son domaine interviennent pour expliquer les faits linguistiques. Il interroge les spécialistes d'intonologie. Le présent ouvrage tente également de répondre à cette quête du linguiste. Après avoir évalué le poids de la tradition sur l'interprétation de l'intonation, l'auteur présente les théories en présence, situe sa propre théorie dans ce contexte et développe les trois dispositifs qui constituent son modèle : la grammaire pragmatique de l'intonation, la grammaire syntaxique de l'intonation et le module rythmique. Le modèle est appliqué dans cet ouvrage à l'intonation du français; le niveau de langue est celui du langage spontané. Il est montré - et des publications parallèles de l'auteur le confirment - que le modèle présenté ici a une portée plus large et que les principes analysés rendent compte de l'intonation d'autres langues.

  • Pourquoi fabriquons-nous parfois des " monstres " lexicaux, comme le verbe s'entrevêcher (plutôt que s'enchevêtrer), le nom gravataire (plutôt que grabataire) ou l'adjectif teignace (plutôt que tenace) ? Par quel mécanisme un enfant en vient-il à créer une expression comme une étoile d'araignée ? Pourquoi certains mots comme petit déj, expo, manif et beaucoup d'autres sont-ils abrégés ? Selon quelle logique ces raccourcissements sont-ils produits ? Ces questions et d'autres du même type concernent toutes à un titre ou à un autre le problème général de la formation et de la vie du vocabulaire.
    Ce livre se veut précisément une synthèse sur les mécanismes de la formation des mots en français. Le domaine qu'il explore est connu sous l'appellation de morphologie dérivationnelle (ou constructionnelle). Au-delà de l'étude des opérations de formation des mots, la morphologie dérivationnelle est aussi - et peut-être surtout - l'exploration des rapports que les mots de la langue entretiennent entre eux du double point de vue de leur sens et de leur forme.
    La perspective adoptée dans ce livre se veut principalement descriptive. Une attention particulière est accordée aux aspects pragmatiques des faits morphologiques, c'est-à-dire à la relation que les locuteurs entretiennent avec le système morphologique de leur langue. Cette interaction entre le système et ses usagers apparaît dans certains faits morphologiques qui, comme ceux mentionnés plus haut, indiquent que les usagers ne sont pas passifs vis-à-vis du lexique, mais au contraire, exercent sur lui leurs intuitions morphologiques, le réinterprètent sans cesse et lui font subir toutes sortes de traitements.
    Les matières et notions théoriques exposées dans cet ouvrage sont étayées par de nombreux exemples. La langue dans sa dimension orale y occupe une place prépondérante. Cet ouvrage s'adresse à un public averti, mais a été conçu pour être lu avec profit aussi bien par les enseignants que par les étudiants.

  • Comment arrivons-nous, dans les situations les plus ordinaires et les plus diverses, à attirer l'attention de celles et ceux à qui nous nous adressons, sur une personne, une chose ou un être quelconque dont nous voulons leur parler ? En d'autres termes, comment parvenons-nous à référer au monde par l'intermédiaire du langage ? C'est à l'examen de cette question simple et concrète qu'est consacré cet ouvrage.
    La problématique de la référence, à laquelle les plus grands philosophes et logiciens se sont attelés, fait ici l'objet d'une approche linguistique d'ensemble. Après deux chapitres d'introduction présentant les notions essentielles pour l'étude de la référence, l'auteur traite successivement des noms propres, des groupes nominaux définis, démonstratifs, indéfinis et des pronoms, dans leur usage en première mention.
    Les analyses sont illustrées par un grand nombre d'exemples empruntés aux échanges de la vie de tous les jours et aux écrits ordinaires aussi bien que littéraires. D'une lecture agréable, l'ouvrage propose une synthèse claire et accessible des travaux récents consacrés au fonctionnement des expressions référentielles en français et énonce quelques principes de portée générale réservant une place importante aux aspects cognitifs.
    Destiné aux enseignants et aux étudiants, ce manuel sera d'une grande utilité non seulement aux linguistes et aux spécialistes de français, mais aussi aux philosophes, aux logiciens, aux psychologues et à tous ceux qui s'intéressent au rôle de la langue et des sujets parlants dans le processus de communication.

  • Cet ouvrage est consacré à l'étude des usages ordinaires du français actuel.
    Abordé ici selon un point de vue sociolinguistique, le français apparaît aujourd'hui dans une dynamique de modification des pratiques langagières : restriction des variétés régionales, fragilisation du carcan normatif, expression d'identités locales, rôle accru de l'oralité mais aussi nouvelles pratiques d'écriture, hybridation des styles, des registres et des langues. La diversification des façons de parler apparaît désormais surtout liée aux caractéristiques sociales des locuteurs, à leurs activités et leurs interactions, dessinant de nouvelles modalités de communication.
    La dynamique complexe de facteurs homogénéisants et diversifiants rend difficile toute prédiction sur l'évolution vraisemblable de cette langue, même à court terme. Alternant des études de cas sur le français et des réflexions théoriques et méthodologiques de sociolinguistique générale, l'ouvrage aborde des faits langagiers que ni les sciences sociales ni la linguistique ne sont à elles seules en mesure de montrer, et plaide pour la reconnaissance d'un ordre propre du sociolinguistique.
    Se situant à un carrefour de problématiques qui prennent l'usager de la langue comme acteur et comme principe explicatif, il veut contribuer à dessiner une nouvelle manière de configurer des questions en sciences du langage, sensible à ce qui se construit dans d'autres sciences humaines, comme l'ethnologie ou la sociologie. Cette seconde édition reconfigure profondément la première édition de 2003, en tenant compte à la fois d'avancées théoriques et descriptives récentes de la discipline (sur la macro-syntaxe, sur la différence oral/écrit, ou sur les contacts de langues), et d'événements sociaux (comme l'accentuation du mal-être des banlieues, ou les effets de la globalisation) pouvant avoir un impact sur le français.

  • Après les éclatants succès de la linguistique synchronique, les études diachroniques ont à leur tour connu un développement considérable au cours des vingt dernières années.
    Ce renouveau est dû pour l'essentiel aux apports de la typologie fondée par J.H. Greenberg (1963) et développée par ses successeurs, ainsi qu'à la conceptualisation du processus de "grammaticalisation", et à certains développements récents de la grammaire générative. Les langues romanes, et le français en particulier, bénéficient comme peu de langues au monde d'une tradition écrite ininterrompue et très dense.
    Or les outils et les procédures nécessaires au traitement de très gros corpus existent désormais, et permettent l'analyse beaucoup plus fine et complexe d'un nombre infini de textes de genres très variés. Ces moyens puissants ont déjà conduit à éclairer des changements importants qu'une analyse moins fine n'avait pu évaluer et interpréter : ainsi du développement parallèle des démonstratifs, des déterminants et des pronoms personnels, ou des changements survenus dans l'ordre des mots.
    Nouvelles approches théoriques et nouveaux outils ont conduit les diachroniciens à remettre en cause le schéma de causalité légué par le 19ème s., qui procédait du phonétique au syntaxique en passant par la morphologie. Aussi, pour la première fois dans un ouvrage d'ensemble de cette sorte, la première place est donnée à la syntaxe et à la sémantique. Mais si l'explication par la phonétique s'est révélée insuffisante, il serait illusoire de croire qu'il suffit d'inverser l'ordre des causalités pour "expliquer" le changement.
    Notre option théorique a d'abord pour but de montrer que d'autres explications existent. Nous n'en sommes pas encore à pouvoir dire quelle est "la" cause de l'évolution des langues, mais de nouvelles voies sont frayées, qui se révèlent déjà riches d'enseignement concernant la faculté de langage et les processus cognitifs qui lui sont liés.

  • Que représentent des séquences comme en attendant, en arrivant, en dormant ou en riant? S'agit-il, selon la définition de la plupart des grammaires du français, d'un participe présent précédé de la préposition en? Ou vaut-il mieux, comme d'aucuns le proposent, y voir un syntagme de nature différente, composé d'une base verbale flanquée du morphème discontinu [en...
    -ant] ? Comment expliquer alors que gérondif et participe présent puissent, dans certains contextes, s'employer l'un pour l'autre? Le manque de réponses sûres à ces questions, et à d'autres encore, pose des problèmes redoutables aux apprenants du français langue étrangère. En effet, les linguistes qui s'intéressent aux formes en -ant n'abordent souvent qu'un aspect des problèmes. Des pans entiers de la description sont laissés dans l'ombre.
    Faute d'une vue d'ensemble globale, les conclusions sont valables pour un petit nombre d'exemples seulement, et difficilement généralisables à l'ensemble de la catégorie. Le présent ouvrage voudrait contribuer à remédier à cette situation. Le gérondif-considéré comme ayant droit de cité dans la nomenclature grammaticale du français - y est étudié sous différents aspects (morphologique, syntaxique et sémantique).
    Un chapitre entier traite de la question du sujet implicite du gérondif. Un autre de la tournure [tout +gérondif ]. La description est synchronique, mais un chapitre est consacré à l'émergence du gérondif en français, et à sa propagation spectaculaire en l'espace de quelques siècles. l'exposé est illustré par un grand nombre d'exemples empruntés à la littérature ou à la prose journalistique de ces dernières années, mais aussi par des exemples oraux (conversations, émissions de radio et de télévision, etc.).

  • Source de difficultés pour les locuteurs étrangers qui, dans leur propre langue, n'en ont pas de strict équivalent, mais aussi pour bien des locuteurs francophones, déconcertés par les rapports subtils de complémentarité et d'opposition qu'il entretient avec le mode indicatif, le subjonctif français a donné lieu depuis plus d'un siècle à un nombre considérable de descriptions, d'analyses et d'hypothèses interprétatives qui puisent à des sources très diverses : grammaire comparée, grammaire historique, formalismes plus ou moins complexes selon la nature de leurs postulats et de leurs démarches, théories sémantiques d'inspirations multiples, sociolinguistique aussi, tant il est vrai que la marginalisation de certaines des formes du subjonctif (imparfait et plus-que-parfait) ne peut pas ne pas faire de leur usage un signe de distinction sociale.
    Sans chercher le moins du monde à dresser un bilan de ces recherches, le présent ouvrage a d'abord voulu dessiner l'entier de la personnalité linguistique du mode : personnalité morphologique (formes), discursive (emplois), sémantique (sens) enfin et surtout puisque l'hypothèse principale ici retenue consiste à postuler que le jeu modal entre indicatif et subjonctif est fondamentalement de nature sémantique et que, par conséquent, l'unité du mode subjonctif, par-delà la variété de ses emplois, est pensable en terme d'invariant de signification et non pas de simple contrainte syntaxique.
    Même si l'ouvrage s'applique à décrire les usages du subjonctif en français contemporain, il n'a pu ignorer ce phénomène historique qu'est la très forte marginalisation de l'imparfait et du plus-que-parfait du subjonctif, qui intéresse le sociolinguiste, mais qui doit aussi solliciter l'attention du grammairien : en quoi, par exemple, le subjonctif imparfait se distingue-t-il du subjonctif présent ? S'agit-il ou non d'une distinction de nature temporelle, comme la terminologie le suggère ? Et, si oui, comment expliquer qu'on puisse en faire si facilement l'économie ? Autant de questions qui, loin de situer sur les marges du sujet, ramènent à la préoccupation sémantique constamment à l'oeuvre dans cet ouvrage et invitent surtout à réfléchir à l'instabilité foncière d'un mode, dont on constate à la fois, dans l'usage, des reculs spectaculaires mais aussi certaines progressions apparemment aberrantes.

  • Claude Guimier est professeur en linguistique anglaise à l'Université de Caen. Auteur d'une thèse de Doctorat d'Etat sur l'adverbe anglais, c'est par ce biais que, au sein du laboratoire ELSAP (associé au CNRS), il a été amené à s'intéresser aux circonstants et aux adverbes du français. Plus globalement, ses recherches portent sur la morpho-syntaxe et sur la sémantique de l'anglais et du français.

  • Cet ouvrage présente le lexique nominal comme essentiellement constitué de deux types de noms, noms " véritables " (qui dénotent des choses) et noms " dérivés ", formés à partir de verbes ou d'adjectifs ou en tout cas renvoyant à ce à quoi renvoient normalement les verbes et les adjectifs, à savoir des états, des procès, des qualités, etc. Cependant, cette apparente simplicité de structuration a quelque chose de trompeur ; en effet, il existe beaucoup de noms qu'il est difficile de classer dans l'une ou l'autre catégorie et dont le statut même de nom paraît problématique ; c'est le cas par exemple des noms de quantité dont le rôle est très proche de celui des déterminants. En outre, à l'intérieur de chacune des catégories, il est difficile d'identifier des sous-systèmes aux frontières bien définies, car les glissements d'une catégorie à l'autre sont fréquents et soumis à des conditions extrêmement variables. Le classement que nous proposons est formulé en termes explicitement sémantiques, comme le sont nos outils descriptifs principaux, les traits (dénombrable, animé, fabriqué etc.) ; mais la base en est syntaxique, puisque toute assignation d'un nom à une classe déterminée se fait à partir de propriétés syntaxiques qui la distinguent des autres. Ce choix méthodologique nous permet d'adopter une position claire concernant les limites de la sémantique lexicale comme discipline proprement linguistique.

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