• Ces chroniques narquoises rassemblent quelques-uns des articles écrits
    par Didier Pasamonik pour différents supports, principalement pour la revue
    de Soleil, Suprême Dimension, où ont été publiés ses éditoriaux titrés
    « Pendant ce temps-là dans le microcosme », une chronique d'humeur
    qui détaillait les faits et gestes du petit monde de la bande dessinée. On y
    trouve aussi des articles réalisés pour le site internet ActuaBD.com.
    Ses lecteurs retrouveront les combats qui l'ont occupé pendant ces deux années. En esprit libre, il y réplique avec vigueur au patron de L'Association, Jean-Christophe Menu, aux auteurs Lewis Trondheim et Manu Larcenet, au critique Thierry Groensteen... Il s'inquiète de l'évolution des institutions de la bande dessinée d'aujourd'hui, notamment le Festival d'Angoulême. Mais surtout, il décrit avec force détails les faits majeurs qui ont marqué ces
    années-là : le triomphe des mangas, l'avènement de l'Association et du roman graphique, les enjeux de la bande dessinée face à la mondialisation et les grandes affaires comme la tentative de putsch à l'encontre des éditions Dupuis par son management ou les procès insidieux, que ce soit contre Charlie Hebdo ou Tintin au Congo, qui tentent de rétablir une nouvelle forme de censure. Critique de la bande dessinée pure est une exploration curieuse et jouissive de l'une des cultures les plus dynamiques de notre époque, le 9e art : la bande dessinée.

  • De retour dans la capitale, après avoir été exilé pour sa participation active à la commune, jules vallès fait le nouveau " tableau de paris " à travers des articles publiés régulièrement dans " gil blas " (1882) et dans " la france " (1882-1883).
    Cette nouvelle édition, illustrée par des gravures de honoré daumier, gustave doré, cham, grandville pour les plus célèbres, reprend ces articles dans leur intégralité. une annotation, due à maxime jourdan, historien de la période, permet de situer les personnages et les lieux évoqués.

  • Ce livre imprimé en quadrichromie et relié, reprend en fac similé (format 21x30 cm) une sélection des meilleures pages de tous les numéros de la revue Bizarre précédés d'une courte notice qui les replace dans le contexte de l'époque. La revue Bizarre, revue littéraire et artistique fortement influencée par le surréalisme, fut créée en 1953 par Éric Losfeld et reprise en 1955 par Jean-Jacques Pauvert. Donnons la parole à ce dernier : « [.] Bizarre était vraiment la revue de l'époque. Les numéros spéciaux, particulièrement, attiraient l'attention. Nous avions fait Les Fous littéraires, La Joconde, les Dessins inavouables, Les Mystères de Rembrandt, Les Monstres. Les dessinateurs que nous révélions depuis Siné renouvelaient le genre. [.]. Début 1960 déjà, nous avions publié coup sur coup deux numéros Dessins inavouables, et Supplément aux dessins inavouables. Fort bien présentés par Michel Laclos, ils rassemblaient les dessins refusés par la presse française, encore bien conventionnelle. Folon, Chaval, Gébé, Topor, Cardon, Le Foll, Siné bien sûr, Maurice Henry, Trez, Mose, André François (je ne peux pas les citer tous), y installaient le dessin d'humour moderne. C'était le début d'une époque...
    Le lecteur passe du numéro monumental consacré aux Fous littéraires, présenté par Raymond Queneau, aux variations ludiques sur La Joconde, aux Monstres, à Tarzan, à Shakespeare. il découvre une pléiade de dessinateurs, aux premiers rangs desquels Siné, Chaval, Wolinski, Ylipe.
    La nouvelle génération de dessinateurs se met à graviter autour de Bizarre et porte au coeur, sous diverses formes, l'explosion du printemps 1968. Siné est le chef de file, il apparaît dès 1955, avec des dessins anticléricaux qui sont dans les sommets du genre, cruels et drôles. »

  • Observateur de la politique israélienne,impliqué de longue date dans le dialogue et le rapprochement entre les peuples israéliens et palestiniens, Uri Fink raconte la vie quotidienne d'un Israélien qui désire la paix mais qui se retrouve malgré lui entraîné dans des logiques qui le dépassent. Ces chroniques d'un pays partagé en permanence entre la guerre et la paix évitent le manichéisme réducteur véhiculé par les propagandistes et les médias.
    Evoquant Joe Sacco, l'auteur de Palestine une nation occupée, Uri Fink constate : Joe Sacco a passé quelques semaines dans ce pays; moi, j'y vis.

  • Champion de la lutte anticoloniale du temps du Mandat britannique, Israël est pourtant réduit aujourd'hui par l'opinion publique à une puissance occupante suspectée d'infliger aux Palestiniens les mêmes souffrances que celles que le peuple juif a subies durant la Shoah.
    Comment en est-on arrivé à une telle aberration ? Il faut y voir l'aboutissement d'un processus de déni dont les étapes sont connues : la fameuse résolution de l'ONU en 1975 assimilant le sionisme " à une forme de discrimination raciale ", la première guerre du Liban en 1982, la première Intifada cinq ans plus tard... Certes, pour déplaisante qu'elle soit, la " réprobation d'Israël " n'aurait pas, en elle-même, de quoi menacer son existence sauf qu'elle ne constitue pas, loin s'en faut, l'unique sujet d'inquiétude.
    Israël, entité fragile au territoire exigu, est implanté dans une région instable, secouée par des Etats sur-armés et parcourue par les vents mauvais de l'intégrisme religieux. Les alliances dont dispose Israël sont lointaines et peu assurées tandis que le pays est agité de courants idéologiques et " ethniques " concurrents qui mettent à mal sa cohésion et, partant, sa capacité de résistance. Voilà donc un faisceau de facteurs qui hypothèquent son avenir.
    Alors, la disparition d'Israël est-elle encore évitable ? Ce livre tente de répondre à la question. Ce qui en fait le prix, c'est qu'il se présente comme la première étude scientifique, solidement documentée, d'une géopolitique que ses auteurs jugent au total peu propice à la survie de l'État hébreu. Examinant ce qu'il convient d'appeler la " question israélienne ", trop souvent occultée par l'actualité de la " question palestinienne ", tout aussi importante mais beaucoup plus fréquemment traitée, ils tentent de poser un regard objectif sur les tendances lourdes à l'oeuvre dans le monde, dans la région et au sein même de la société israélienne.
    Tout ce qu'on pressentait sur les dures réalités de la géopolitique d'Israël est ici documenté, mesuré, chiffré, contextualisé. Les Israéliens n'auraient-ils pas intérêt, au moins autant que les Palestiniens, à conclure une paix durable et à normaliser leurs relations avec l'ensemble de leurs voisins ? La haine, les humiliations, les revers diplomatiques accumulés depuis tant d'années laissent-ils encore entrevoir une issue pacifique ? Libre à chaque lecteur d'apprécier les faits comme il l'entend ; mais la liberté de jugement n'a de sens que si l'on sait de quoi on parle.

  • Cet ouvrage constitue un outil de référence pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire du judaïsme français, mais aussi à l'histoire des familles et à l'histoire locale : il rassemble plus de 2800 notices individuelles de rabbins et autres ministres du culte israélite en exercice au XIX` siècle en France (Alsace-Lorraine comprise) et en Algérie. Les personnalités importantes en côtoient d'autres, sorties de l'oubli grâce au dépouillement minutieux d'une multitude de sources. Une introduction très documentée permet de les resituer dans le contexte historique. Les notices détaillent autant que possible les biographies : état civil, milieu familial, formation, activités religieuses, sociales, savantes, etc. De nombreux portraits en vignette agrémentent l'ouvrage. S'ajoutent encore un répertoire géographique qui précise la succession des titulaires des postes pour les 436 communautés concernées et un ensemble de cartes qui permet de suivre l'évolution territoriale des consistoires.Réalisé sous la direction de Jean-Philippe Chaumont pour les Archives nationales et de Monique Lévy pour la Commission française des archives juives, le Dictionnaire biographique des rabbins a été élaboré par Valérie Assan, Jean-Philippe Chaumont, Ariel Danan, Jean Laloum, Claude Lévy, Monique Lévy, Catherine Nicault et Marianne Urbah.

  • Les anciens "collabos" n'ont eu l'occasion de s'exprimer publiquement qu'à une date assez récente, au moment de la guerre d'Algérie.
    L'antigaullisme a donné à ces hérauts du fascisme français une nouvelle légitimité et une raison de renaître. Leurs discours ont alors pris la forme d'un procès en réhabilitation, leurs livres, celle d'un mémoire en défense politique. Que pensaient-ils véritablement, une fois la défaite du nazisme consommée, des raisons de la déroute de leurs idées ? Nous ne le savions pas et cette part d'ombre, supposant un déni de réalité, faisait la faiblesse générale des histoires de l'extrême droite.
    Ce Dialogue de "vaincus ", rédigé en 1950 à la prison de Clairvaux par deux anciens collaborateurs, et demeuré à ce jour inédit, constitue donc un document essentiel. Ces deux anciens collaborateurs sont célèbres, puisqu'il s'agit de Lucien Rebatet et de Pierre-Antoine Cousteau, condamnés à mort à la Libération. Leur peine ayant été commuée en prison à perpétuité, ils rédigent ensemble une vingtaine de "dialogues" où ils s'expriment en totale liberté.
    Ils mettent noir sur blanc des "vérités rescapées", car s'ils se considèrent comme "vaincus", leurs idées ne sont pas pour autant, selon eux, invalidées. Ils parlent de l'histoire de leur engagement, du nationalisme maurrassien au racisme hitlérien, et reprochent à Hitler d'avoir trahi ses propres principes, développés dans Mein Kampf. C'est pour eux l'explication de la défaite du nazisme. Ils évoquent de Gaulle, qu'ils haïssent, Staline, qu'ils admirent, car "depuis que le fascisme est mort, il n'y a plus d'ordre que chez les Rouges".
    Bref, "Staline est génial. Il ne fait pas de martyrs lui... ". Ils passent aussi cri revue l'histoire de la littérature, invectivent avec violence Jean-Paul Sartre, " sorti du maquis des Deux Magots où l'on a terriblement peu risqué le crématoire". Sartre représente pour eux l'" imposture résistantialiste". lis vomissent Jean Genet, s'enthousiasment pour Marcel Aymé et Louis-Ferdinand Céline, discutent de la religion : " Il me soulève le coeur ce sentiment absurde parce qu'il est bien la conséquence de cette monumentale entreprise de dévirilisation, de châtrage systématique...
    Le Christ était un pisse-froid... ". Malgré le désaveu de l'Histoire, leur vision du monde repose toujours sur les valeurs qui les ont menés à s'engager dans le collaborationnisme le plus dur et qui conduiront d'autres anciens collaborateurs à se mettre au service de régimes dictatoriaux, l'Espagne franquiste par exemple, ou antisémites sous couvert d'antisionisme, comme l'Egypte de Nasser. Ces dialogues nous invitent donc à regarder l'adhésion au nazisme de certains intellectuels français, non pas comme un accident de parcours ou une parenthèse, mais comme l'accomplissement de ce qu'ils pensaient et de ce qu'ils ont continué à penser malgré la défaite de leur camp.


  • la seconde guerre mondiale s'est poursuivie durant huit ans pour robert et gérald finaly, enfants juifs de douze et treize ans ! placés en 1944 chez une nourrice pour échapper aux camps de la mort dont leurs parents ne reviendront pas, ils n'ont pas été restitués à leur tante à la libération, mais cachés et même convertis au catholicisme en 1948, alors qu'ils n'étaient plus en danger.
    en 1953, l'affaire finaly explose dans une presse survoltée et déchaîne les passions. depuis quatre ans un procès oppose la famille, installée en israël, à la nourrice qui les a cachés. elle refuse de les rendre et fait feu de tout bois. la cause est arrivée jusqu'à la cour de cassation mais, au nom du dogme, des gens d'église soutiennent la nourrice qui refuse de se soumettre à la justice. elle réanime ses réseaux de résistance et le 4 février 1953, robert et gérald finaly sont enlevés par des prêtres basques ! ils ne sont plus sur le territoire national.
    pourquoi et sur ordre de qui ? la campagne de presse, les meetings et les manifestations montrent alors une france scindée en deux camps radicalement opposés : cléricaux contre anticléricaux, sionistes contre antisionistes, tenants du respect des lois républicaines contre partisans du droit canon.

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