• "Je rêve un roman doué d'ubiquité" disait Hélène Frappat en commençant à écrire «Le mont Fuji n'existe pas. »Les écrivains devraient se méfier de leurs rêves. «Le mont Fuji n'existe pas »n'est pas exactement un roman. Il est «plusieurs »romans qui ne sont ni tout à fait là, ni tout à fait ailleurs. Comme une cartouchière neuve porte la promesse du carton plein, c'est une série de rencontres comme un défilé de romans fantômes, ou pire : «possibles». L'exploration ludique (on pense à ce jeu si dangereux : Action ou Vérité ?) de la très mouvante frontière entre vérité et fiction, secrets et littérature. Tour à tour magicienne et mécanicienne, Hélène Frappat, qui s'est longtemps identifiée à Fantômette, mène l'enquête. Elle éclaire ici pour nous les rouages du moteur de sa propre écriture. Quand elle ne les plonge pas dans l'ombre. 

  • Lady Hunt

    Hélène Frappat

    Obsédée par le rêve d'une maison qui la hante, une jeune femme qui fait visiter des appartements à Paris est le témoin de la très mystérieuse disparition d'un enfant. Trouvera-t-elle dans son rêve la clé de l'énigme du réel ? Des ruines du Parc Monceau à la lande galloise, entre les malédictions du passé et les divers déguisements de la vérité, Lady Hunt réinvente le roman gothique anglais et toutes les nuances du sortilège.

  • Le dernier fleuve

    Hélène Frappat

    À travers l'épopée de deux jeunes frères solitaires aux origines mystérieuses, enfants sauvages littéralement surgis du paysage, et dans les plis d'un puissant et fantasmatique fleuve de fin du monde, une variation intemporelle autour d'«Huckleberry Finn». Une fugue initiatique qui échappe à tous les genres qui l'irriguent : roman d'aventures, récit d'avant la nuit, fable écologique, parabole quasi-biblique, cauchemar fantastique... Un retour à l'innocence de la narration. L'enfance de l'art.

  • Le livre : Sous réserve se présente comme un mille-feuilles, fait de couches différentes, qui se superposent, s'imbriquent, se répondent. Le livre s'ouvre sur la lettre passionnée qu'une admiratrice adresse à Kant et dans laquelle il est question du mensonge et de la vérité, thème qui, avec celui du secret et de la révélation traverse tout le livre sous différentes formes. On y trouve aussi des extraits d'une correspondance de Rousseau avec Mme de la Tour, qui alternent avec la voix personnelle de la narratrice ou celle d'un personnage
    mystérieux, dont l'identité ne se dévoilera qu'à la fin du récit. Peu à peu, le puzzle se met en place, la fiction émerge entre les citations, et tous ces fragments, dont la construction rappelle le montage cinématographique ou les clichés photographiques en viennent à former une seule et même histoire qui tient le lecteur en haleine, dans une sorte de suspense philosophique. Entre le mensonge et le silence, il y a la réserve, point de rencontre entre les différents
    parcours qui tissent l'ouvrage.

  • Anthologie de textes philosophiques sur la violence

  • En chinant aux Puces de Clignancourt, le narrateur ou la narratrice, on ne sait pas au juste, acquiert une caisse de films de famille datant des années 50. Il y découvre alors Aurore, une jeune fille issue d'une famille bourgeoise, filmée par son père puis par son fiancé jusqu'à ses trente ans. L'étonnement survient quand, aux images de la jeune fille se superposent les rêveries et l'histoire d'A., jeune télépathe. Le mystère s'avère d'autant plus troublant que le doute grandit quant à l'assimilation de l'identité des deux personnages : A. et Aurore. Sous des dehors séduisants, dans l'atmosphère classique et surannée d'une famille de la bourgeoisie provinciale de type chabrolien, Par effraction parvient à entraîner le lecteur au coeur même des problématiques du monde contemporain. L'auteur ne cesse de mettre à mal la frontière fragile qui sépare la sphère publique de la sphère privée, invitant ainsi le lecteur à poser un regard réflexif sur la réalité, toute relative, du monde dans lequel il évolue.

  • Inverno

    Hélène Frappat

    Petite déjà, Emmanuelle portait un chemisier Cacharel en liberty dont les pointes du col percent encore le coeur de L., vingt ans plus tard. Petite déjà, L. semblait vivre son enfance à travers celle de son amie, en spectatrice attentive, discrète, ultrasensible. Nul frôlement surpris de loin dans les ombres floutées de la grande maison de la vallée de Chevreuse, siège de secrets tus où elle n'était qu'invitée de passage, ne lui a échappé. Il n'est pas de silence, complice ou contrit, flottant entre les parents d'Emmanuelle ou entre l'enfant et sa mère, qui ne résonne encore à son oreille. De cette vie voisine, elle n'a rien raté, sinon les vingt années qui viennent de s'écouler, passées à rater un peu la sienne mais comme on manque un train.
    C'est dans le train, justement, celui qui l'entraîne vers les retrouvailles inattendues, inespérées, avec Emmanuelle, que la jeune femme devenue mère d'un petit garçon à moitié italien réorganise aujourd'hui ce passé ébréché, dans le reflet des vitres brouillé par le paysage - qui toujours peut en cacher un autre.
    Roman historique de l'instant, INVERNO commence comme un polar, fait mine parfois de taquiner le mélo et dessine en condensé, sans en avoir l'air, - comme les enfants tracent des visages dans la condensation sur les vitres des trains (toujours les trains) - le destin de trois générations de femmes. Dans un geste esthétique à la grâce inquiétante, l'auteur tisse une structure en lanterne magique, qui bouleverse la chronologie pour mieux saisir la vérité d'un soupir, la blessure d'un regard, le tressaillement d'un coeur.

  • Toni Servillo est un acteur total : il mène une double vie entre cinéma et théâtre, aussi épris de mise en scène que de son propre jeu. Alter ego du cinéaste Paolo Sorrentino, ils ont tourné ensemble de grands succès comme Il Divo, récompensé au Festival de Cannes ou encore La Grande Bellezza, oscarisé Meilleur Film étranger en 2014. La carrière de T oni Servillo est jalonnée de rôles très différents mais toujours ancrés dans l'histoire de l'Italie, lui conférant une place centrale dans le cinéma italien actuel. Depuis la fin de la « comédie à l'italienne », dans les années 1970, le public français a souvent enterré, à tort, le cinéma italien. Or voilà que renaît l'un de ses « monstres », qui en réactive la fonction originelle : montrer et avertir. Et que nous montre le monstre Servillo ?

  • Des étés passés dans le maquis, elle se souvient de voix et de visages étranges, souvent inquiétants. De l'enfance au bord du fleuve, protégé par ses bruissements incessants alors que la famille n'est déjà plus qu'un leurre, la narratrice convoque ses héritages insulaires, la force et la beauté de ces lieux qui marquent une vie à jamais.

  • La carrière de ce réalisateur italien (Rome 1906 - id 1977) débute sous le signe du fascisme avec une trilogie de 1941 à 1943 : La nave bianca, Un pilota rit orna et L'uomo della croce. Une deuxième période commence en 1945 avec Rome ville ouverte que suivent : Païsa (1946), Allemagne année zéro (1948), Onze Fioretti de François d'Assise (1949), Europe 51 (1952). Avec Ingrid Bergman s'ouvre la période des chefs d'oeuvre : Voyage en Italie (1953), India (1958), Le Général Della Rovere (1959), Viva l'Italia (1961). Vient enfin la période tournée vers la télévision : L'Âge de fer (1964), La Prise du pouvoir par Louis XIV (1966).

  • Un ancien mari tombe le masque en emportant mes bijoux ; une armée de traîtres complote dans l'ombre ; deux espionnes n'auraient jamais dû se rencontrer ; un bègue croise une kleptomane oublieuse des prénoms ; le jour tombe, serai-je encore en vie pour voir un autre jour se lever ? ; n'oublie jamais d'épouser ta couverture ; ma bague volée passe de doigt en doigt ; pendant ce temps, les enfants disparaissent ; écoute, et tu seras sauvée ; je serai l'espion qui unit : l'agent de liaison.

    Je m'introduis dans une petite maison dont j'ai obtenu à grand peine l'adresse, et je fouille toutes les pièces, plongées dans le noir, à la recherche d'un coffret de bijoux. J'ai à peine trouvé la boîte que le locataire de ce pavillon de banlieue entre à l'improviste chez lui, et tente de m'arracher mes bijoux.

    Nous nous trouvons ensemble je ne sais où. Nous sommes debout de part et d'autre d'un petit secrétaire qui nous sépare. Il a la morgue fuyante du mari de Joan Fontaine dans Soupçons. Je lui propose un marché : Rends-moi les bijoux, et en échange je te donne : TOUT.

    J'aime la nuit. Je suis plus libre que le jour. Tout m'appartient au crépuscule. Je veux tout voir ; et j'ai presque tout vu. Il est toujours minuit pour moi. Lorsque le jour s'éclipse au ras des toits, que les angles précis des immeubles se détachent dans la masse blanche du ciel avant de se dissoudre en ombres noires, je sors de chez moi. A cette heure indécise où l'oeil humain perd ses repères, à cet instant que les militaires choisissent pour lancer les attaques sur les champs de bataille, je fais le guet, à l'affût de ce que les hommes du jour ne nous disent pas. La nuit, je surprends les crimes des traîtres et les manoeuvres félines des voleurs et des espions. La nuit, celui qui a des yeux pour voir et
    des oreilles pour entendre constate que les mortels ne peuvent cacher aucun secret.

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