• Qui êtes-vous, Victor Segalen ? Et pourquoi, depuis si longtemps, me hantez-vous ? Breton. Brestois. Militaire, marin et poète. Cavalier émérite, marcheur infatigable, vous restez distant et troublant.
    En 1903, vous pélerinez sur les traces de Gauguin, aux Marquises. Deux ans plus tard, à Djibouti, sur celles de Rimbaud. En 1909, vous traversez la Chine et vous recommencerez. Puis vous vous risquez dans la Cité interdite de Pékin, derrière un séduisant jeune homme, amant de l'impératrice. Vous résidez ensuite à Hanoi et achetez votre opium. Plus tard, vous mourrez dans la forêt du Huelgoat, loin de votre épouse et de cette autre femme que vous aimez. Quarante et un ans. Un peu tôt pour mourir. Ou se laisser partir comme on glisse, la nuit, d'un paquebot dans l'océan.
    Cette fois, vos pas m'auront entraîné dans votre sillage. Mon souffle mélangé au vôtre dans le roman vrai de votre vie.J.-L. C.L'écrivain-voyageur donne une chaleur romanesque à sa biographie du médecin-poète. Alexandra Schwartzbrod, Libération.Dans une belle et précise évocation de Victor Segalen, Jean-Luc Coatalem interroge le mystère et la nécessité de l'ailleurs. Patrick Kéchichian, La Croix.Prix Femina essai 2017.

  • Longtemps, je ne sus quasiment rien de Paol hormis ces quelques bribes arrachées.
    « Sous le régime de Vichy, une lettre de dénonciation aura suffi. Début septembre 1943, Paol, un ex-officier colonial, est arrêté par la Gestapo dans un village du Finistère. Motif : "inconnu". Il sera conduit à la prison de Brest, incarcéré avec les "terroristes", interrogé. Puis ce sera l'engrenage des camps nazis, en France et en Allemagne. Rien ne pourra l'en faire revenir. Un silence pèsera longtemps sur la famille. Dans ce pays de vents et de landes, on ne parle pas du malheur. Des années après, j'irai, moi, à la recherche de cet homme qui fut mon grand-père. Comme à sa rencontre. Et ce que je ne trouverai pas, de la bouche des derniers témoins ou dans les registres des archives, je l'inventerai. Pour qu'il revive. »   J.-L.C.

  • En Bretagne, il faut se méfier des apparences autant que de la météo. Ainsi, quand dans le petit avion à destination d'Ouessant embarquent deux druides, un spécialiste des abeilles et une journaliste espagnole couronnée par un donut de cheveux, tout peut arriver... Sur place, ils retrouveront une clique d'ornithologues japonais, le sieur Pommereau, qui joue au détective privé, et Vassili, le chanteur à succès venu se mettre au vert après une histoire de moeurs. Dans ce mouchoir de poche qu'est Ouessant, les histoires de chacun s'entrecroisent, et les désirs s'affolent. De surcroît, quand la tempête s'annonce, il faut faire face aux légendes. Et au délire de quelques-uns que le grand large a déjà bien secoués...

  • Nul n'entre ni ne sort de Corée du Nord, le pays le plus secret de la planète. Et pourtant, flanqué de son ami Clorinde, qui affectionne davantage Valery Larbaud que les voyages modernes, et déguisé en vrai-faux représentant d'une agence de tourisme, notre écrivain nous emmène sur un ton décalé au pays des Kim. Au programme, défilés et cérémonies, propagande tous azimuts, bains de boue et fermes modèles, mais aussi errances campagnardes et crises de mélancolie sur les fleuves et sur les lacs, bref l'endroit autant que l'envers de ce pays clos mais fissuré. Un journal de voyage, attentif mais distant, amusé parfois, jamais dupe, dans ce royaume énigmatique dont un diplomate américain affirmait que l'on en savait moins sur lui que sur... nos galaxies lointaines.

    « Son récit est à la fois halluciné, angoissant et burlesque. Une belle réussite littéraire ». Didier Pourquery, Le Monde des livres.

  • Jean-Luc Coatalem Je suis dans les mers du Sud Sur les traces de Paul Gauguin C'est le cliché sépia d'une Anglo-Polynésienne, acheté aux enchères par l'auteur, qui le pousse à partir, soudain, sur les traces de Paul Gauguin. Qui était cette jolie vahiné ? Et surtout pour quelle raison l'artiste peignit-il le visage cireux de son fils, Aristide, dit Atiti, le jour de sa mort à Papeete ? Quelle blessure intime ce tableau ravive-t-il chez Jean-Luc Coatalem ?
    Commence alors une traque, minutieuse mais fulgurante, où l'on comprendra que Gauguin, « Inca » halluciné, « Péru-vien à la bourse plate », fuit la réalité pour se trouver lui-même, renverse tous les clichés sur l'exotisme, à en perdre la raison, jusqu'au fond du puits du Jouir.
    Voici une enquête, spirituelle, humaine, géographique. Un voyage au long cours en Bretagne, Hollande, Danemark, Panama, Martinique, Tahiti, et les lointaines mers du Sud, avec pour compagnons les peintres, les créanciers, les marchands du culte, les vahinés, l'océan, et, au bout, la solitude. Quel est le vrai Gauguin ? Un affairiste courant après la vente ? Un égoïste pourtant père de famille, abandonnant ses cinq enfants à Copenhague ? Un mystique réconcilié avec lui-même, peintre apaisé, dont la main fut guidée par les dieux maoris ? Un morphinomane des îles Marquises ?
    « Où irons-nous demain, nous qui désirons sans fin ? »

  • Antipodia est un paradis et un enfer. Cette île, sorte de cratère austral battu par les vents, est habitée par deux hommes : son gouverneur, qui meure d'ennui, et Jodic, le mécanicien de la station, qui cavale à travers les bois, heureux. Son secret ? Le reva-reva, une plante mystérieuse qui fait entrer les rêves dans la réalité. Mais l'hiver et la glace arrivent, accompagnés d'un naufragé, poussé par les vagues jusqu'à la grève désolée. Une étonnante robinsonnade de notre époque, entre Jules Verne et Stephen King.

  • Enfant en Polynésie, adolescent à Madagascar, sur les pas d'un père militaire toujours à la merci d'une nouvelle affectation, Jean-Luc Coatalem n'a jamais cessé de parcourir le globe, attentif aux secrets de l'enracinement, aux promesses et aux leurres du lointain. Dans un récit très personnel, il nous conte cette passion nourrie par la lecture de Rimbaud, Cendrars ou Segalen, faisant revivre mille et un souvenirs : la lumière d'un chemin d'Ombrie, une navigation éblouie vers le Grand Nord, le charme d'une jeune Indienne entrevue dans un taxi de Goa ; mais aussi - car l'ailleurs est tout près pour qui sait voir - la Bretagne de ses origines ou un petit hôtel du XIV° arrondissement de Paris.
    Où est le vrai voyage ? Où commence le bout du monde ? Où aller pour se perdre ? Par la magie d'une écriture des plus intimes, l'auteur de Je suis dans les mers du Sud signe des pages rêveuses et envoûtantes, aux antipodes de la littérature touristique.

  • Au début des années 1990, alors qu'il n'est encore qu'un jeune homme aventureux et passablement désargenté, Jean-Luc Coatalem part à la découverte du Vietnam communiste, qui commence seulement à s'ouvrir au tourisme. Il emporte dans ses bagages quelques livres, mais son premier compagnon de voyage n'est autre que l'ombre tutélaire de son grand-père, Camille Coatalem, un officier d'infanterie coloniale qui fut en poste en Indochine dans les années 1920. Publié pour la première fois à La Table Ronde en 1993, Suite indochinoise, salué par la critique, a été réédité au Dilettante en 1999. Augmentée d'un texte écrit au fil d'un deuxième voyage, cette réédition dans La Petite Vermillon s'enrichit d'un avant-propos de l'auteur.

  • Résolument en déhors des routes touristiques, qu'est-ce que le Paraguay ? Ecrivain-voyageur, l'auteur fait vivre ce pays par un récit alerte, moqueur, un rien désabusé où se mêlent tendresse et dérision.

  • Triste sire

    Jean-Luc Coatalem

    « Triste sire, écrit il y a trente ans, constitue donc mon premier vrai texte publié.
    En dépit de ses maladresses, de ses brusqueries, je suis heureux qu'il soit repris. Si je n'ai rien voulu retoucher, c'est qu'il me paraît trop fragile. Et puis je ne renie pas ce galop d'essai qui se voulait émerveillé et cruel. Avec autant de tendresse que d'agacement, j'y trouve en germe mes thèmes de prédilection : l'île, fût-elle urbaine, l'isolement, voire le huis clos, mais aussi l'appétit des ailleurs, le goût des noms et des chromos, l'enchantement des courants et des voyages, l'alambic des souvenirs, cette lumière irréelle et parabolique.
    Robinson Stéphane est le parent primitif d'Albert Paulmier de Franville et de François Lejodic, personnages du Gouverneur d'Antipodia, roman que le Dilettante publie ces jours-ci. Comme si, en définitive, un écrivain gravitait toujours autour de quelques énigmes, les siennes, les plus fondamentales, qui le hantent au même titre qu'elles le constituent. Pour reprendre l'expression de Milan Kundera, elles seraient les raisons mêmes de son écriture, « son cercle magique ».
    A la manière d'un naufragé qui, une fois posé le pied sur le sable dur d'un récif, reprend souffle. Exaucé peut-être, mais encore pris au piège. L'île la plus profonde et la plus opaque est en lui ».

  • Après une enfance en Polynésie et dans l'océan indien, Jean-Luc Coatalem, 41 ans, écrivain-voyageur, journaliste à Géo, continue de parcourir le monde. Il a publié chez Grasset Villa Zaouche (1994), Tout est factice (1995), Mission au Paraguay (1996), Le Fils du fakir (1998). Le Livre : C'est le cliché sépia d'une anglo-polynésienne, achetée aux enchères par l'auteur, qui le pousse à partir, soudain, sur les traces de Paul Gauguin. Qui était cette jolie vahiné ? Et surtout, pour quelle raison l'artiste peignit-il le visage cireux de son fils, Aristide, dit Atiti, le jour de sa mort à Papeete ? Quel écho intime ce tableau éveille-t-il chez Jean-Luc Coatalem, qui comme Gauguin connut la Bretagne comme les archipels de la Polynésie. Commence alors une traque, méticuleuse, réaliste mais fulgurante, où l'on comprendra que Gauguin, petit-fils de Flora Tristan, « Inca » halluciné, « Péruvien à la bourse plate », fuit la réalité pour se trouver lui-même, renverse tous les clichés sur l'exotisme, à en perdre la raison, jusqu'au fonds du puits du Jouir, où l'auteur retrouve intacte sa seringue de morphinomane. Quelle traque ! Quelle enquête, mystique et géographique ! Bretagne, Hollande, Danemark, Panama, Martinique, Tahiti, et les lointaines mers du Sud, avec pour compagnons, les peintres, les créanciers, les marchands du culte, des vahinés, l'océan, la solitude. Un Gauguin affairiste courant après la vente ? Un Gauguin père de famille, abandonnant ses cinq enfants à Copenhague ? Un Gauguin réconcilié avec lui-même, peintre apaisé, dont la main fût guidée par les dieux Maori ? Quel est le vrai Gauguin ? Et si son appétit pour l'ailleurs, pour « le grand Divers » cachait une autre faim ? Comme l'écrivit Gauguin : « On rêve et on peint tranquillement. »

  • Ce périple tropical fleure bon l'opium des nostalgies coloniales. C'est un atlas désuet qui s'ouvre devant nous, usé comme un journal de bord, épais comme une malle-cabine. D'Afrique en Asie, les terres arpentées, reliques touchantes de ce qui fut l'Empire et n'est plus qu'un music-hall pathétique, éclatent comme des boubous d'opérette.

  • Bora Bora où s'ensable la mémoire et se noie l'oeil dans le bleu curaçao ; Goa, au clinquant suranné de kermesse coloniale ; un Vietnam convalescent appuyé à l'épaule d'un tour-opérateur ; le fantôme bourru de Kipling ; Baden et ses curistes ; Cuba en quarantaine qui mouille non loin de Miami ; Trinidad où les filles se donneraient « pour un savon » ; et puis Prague, le Rajasthan, les Caraïbes comme un cocktail d'îlettes endiablées. Un post-scripum malgache met fin au récital.

  • Entre buenos aires et montevideo, à la fin de l'été austral, quand la nuit bleu carbone tombe sur le riode la plata, un homme ment à la jeune femme qu'il vient de rencontrer. séduite, mathilde se laisse pourtant entraîner dans ces chimères. cet homme est-il, comme il le prétend, sur la piste de la dernière cité des incas, perdue dans le massif amazonien? et s'il n'est pas un explorateur, que cherche-t-il? que lui veut-il vraiment? dans cette rêverie géographique et amoureuse, montevideo devient alors, de l'autre côté du rio, une promesse pour tous deux. ils y passeront une seule nuit d'amour. jusqu'à entrevoir la vérité brûlante comme un soleil trop fort.

  • Le voyage sentimental d'un dilettante au Vietnam au regard et au style singuliers.

  • " Ulysse Rubirosa junior essaya bien de monter un garage d'automobiles de luxe à Montevideo, fit un crochet à Lima où il vendit peu et mal des machines à coudre Singer, enfin s'installa dans un galetas à Asuncion, féru de littérature, citant Pétrarque et Aristophane de mémoire.
    Devenu libraire-bibliophile en chambre à Santiago, quartier de Los Condes, il aurait tenté de fourguer à prix d'or un manuscrit de dix-sept poèmes scatologiques de Robert Louis Stevenson, une photo de Jules Supervielle applaudissant, une boîte de fer contenant douze mégots fumés par Conan Doyle, et un éternuement de Somerset Maugham plié dans une serviette brodée du Ritz. Sans succès. "Tout cela est-il exact ?" lui demanda-t-on un jour lors d'un dîner à l'Imperial Club de Puerto-AzUcar.
    "

  • Un éléphant mâle qui charge dans un salon, un tueur funambule glissant par inadvertance dans l'océan houleux, un couple mal assorti qui danse le fox-trot sous le ciel de Saïgon, les obsessions africaines de M. Toc soignées à grandes saccades d'électrochocs, voici quelques impressions des douze nouvelles de Jean-Luc Coatalem. De Bornéo à Singapour, de la pampa à Hawaï, du deck d'un navire qui file en mer de Chine à la noire Afrique tribale, cet écrivain-voyageur, pareil à un Simenon des tropiques, joue du contraste entre de médiocres destinées et le cadre exotique où il dispose ses personnages. Mais on ne voyage pas sans danger : on risque de perdre ses illusions et de rejoindre les perdants sous un ciel de plomb.

  • Après des tournées triomphales, Arturo Solidor, " fakir mystique et international ", de son vrai nom Gilbert Guénec, émigre au San Théodoro, une République sud-américaine. Au kilomètre l6, sur la route du Brésil, une parcelle de terre rouge va abriter l'exil du fakir en retraite, sa famille, son perroquet, une poignée d'amis qu'il croyait sûrs. Quelle désillusion ! Ces colons blancs du Nouveau Monde, ces Robinson rêveurs sous les palmiers vernis se heurtent cruellement à la réalité : Indiens alcoolisés, terre infertile qui hésite entre la boue et la poussière, moiteur sans répit d'un ciel qui pèse comme un couvercle. Cet éden est un enfer.

    Perclus de dettes, trahi par les siens, le fakir revient à son ancien métier. Mais que peut-il encore espérer de son art ? Et qu'aurait-il à mettre en scène sinon ses cicatrices ?

    Désespoir des confins sur un air de salsa, épopée sans héroïsme, magie frelatée des Tropiques, Jean-Luc Coatalem, à sa manière nerveuse et drôle, nous fait passer de l'autre côté de la grande aventure du Nouveau Monde.



    Jean-Luc Coatalem est l'auteur, chez Grasset, de Villa Zaouche (1994), Tout est factice (1995 ) et Mission au Paraguay (1996).

  • Mission au paraguay

    Jean-Luc Coatalem

    • Payot
    • 2 Septembre 1998

    Où se trouve le paraguay ? quelque part en amérique du sud ? pas sûr.
    Jean-luc coatalem s'est installé pendant deux mois sur ces terres qui hésitent entre éléments liquide et solide, quiétude et torpeur, réalité et illusion. accompagné d'un chien qui se prend pour un kangourou, il y fait de drôles de rencontres : un fakir lyonnais, des colonies de mennonites, quelques allemands louches et autant de femmes esseulées qui fredonnent l'amour impossible. entre fleuves infestés de piranahs et villes fantômes, une seule certitude : l'improbabilité même !.

  • C'est une histoire d'amitié, une aventure ironique, une fuite vers l'avant. L'entomologiste Lucien Gaudron rencontre l'affairiste Bastien Lothar en 1941 à Paris. Ils deviennent les meilleurs amis du monde quoiqu'ils se ressemblent fort peu. Vantard, truculent, aussi flou dans les affaires que fou avec les femmes, Bastien Lothar est le contraire de Gaudron dont la grande passion seront les insectes, qu'il classe et collectionne. Cette fascination réciproque les amène à ne jamais se quitter. Après la guerre, vieillis, usés, dégrisés par le siècle qui a passé, les compères se retrouvent dans une ahurissante villa orientale, en pleine campagne française, où ils devront affronter des papys flingueurs, rescapés de cette haine recuite qui remonte à la guerre. Ils fuiront. D'auberge en villa, du Midi à Tanger, de l'Orient rêvé au désert qui commence. "Renaître, renaître ! Mais où ? Aux Açores peut-être ?"

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