Bord De L'eau

  • Après Flaubert et son Dictionnaire des idées reçues, Ambrose Bierce et son Dictionnaire du Diable, voici Le glossaire des princesses, ouvrage hautement subversif, où le mauvais esprit le dispute volontiers à l'érudition.
    Historiques, réelles ou imaginaires, animées ou « paparazzées », les princesses, qui représentaient - avant Simone de Beauvoir - peu ou prou la moitié de l'humanité, sont ici étudiées avec le sérieux d'un entomologiste ivre : de A comme « anus » à Z comme Zahia, en passant par le « S » de Sarkozy et ses rapports tendus à la princesse de Clèves.

  • Ce dictionnaire se présente comme l'outil indispensable nécessaire à l'enseignement de la langue corse dans ce sud très riche en histoire et très attaché à ce qui d'aucuns qualifient fallacieusement d'archaïsmes.
    Les auteurs ont, dans un souci de cohérence, dépassé aussi le cadre du simple lexique pour aborder des notions syntaxiques.
    Il ne s'agit pas de nier qu'il existe une langue corse, parlée sur tout le territoire insulaire, qui obéit à un seul code de transcription, et qui se plie comme toutes les langues, à des règles grammaticales et linguistiques précises. Toutefois, les parlers talavesi et rucchisgiani présentent des spécificités incontournables, qui, si elles n'étaient pas respectées dénatureraient complètement les parlers en question, et nieraient ainsi la qualité d'un patrimoine oral important, traduisant des réalités historiques, géographiques, culturelles.
    D'autre part pour mieux cerner les origines de la langue corse d'aujourd'hui, essentiellement romane, les auteurs ont choisi de faire figurer l'étymologie de certains mots français ce qui permet au lecteur d'effectuer les rapprochements ou au contraire de constater les différences existant entre le mot corse et le latin, le grec, parfois aussi d'autres langues, l'histoire jouant un rôle prépondérant dans l'évolution de tout idiome. Le substrat pré-indo européen du corse reste surtout visible dans la toponymie, source précieuse pour notre connaissance de cette langue première, aujourd'hui disparue à quelques exceptions près.
    Il semble en effet primordial pour tout peuple de garder sa langue, les structures de celle-ci, sa construction logique car cette même langue porte et transcrit la vision du monde de ceux qui la parlent. Elle dit l'imaginaire et les rêves, les valeurs et les peurs, et depuis des millénaires porte la parole des hommes issus d'un territoire qui ne fait qu'un avec ce qu'ils sont.

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