Honore Champion

  • Pleins feux sur nos dictionnaires, ce sont 2500 citations consacrées aux dictionnaires, 2000 articles recueillant les réflexions surprenantes, drôles, insolentes, profondes, pétillantes de 700 personnalités, écrivains, savants, humoristes, journalistes, lexicographes, chanteurs s'exprimant sur le sujet, du XVIe au XXIe siècle. Avec en fin d'ouvrage un index permettant, par exemple, de savoir ce que Racine, Flaubert, Brassens, Baudelaire, Tahar Ben Jelloun, Paul McCartney, Woody Allen, Georges Feydeau, l'Académie française, Pierre Larousse, Paul Robert, ont dit des dictionnaires. C'est aussi une somme de réflexions faisant référence, jamais réunie jusqu'ici et résultant de la longue expérience d'un spécialiste reconnu des dictionnaires. Cet ouvrage de plus de 600 pages s'adresse à tous les amoureux de la langue française. C'est un surprenant lieu de mémoire. Pour tous.

  • Ce dictionnaire répond à une triple volonté : il entend d'abord établir le bilan de plusieurs décennies de réflexion théorique, plus de quarante ans après la parution du Pacte autobiographique (1975) de Philippe Lejeune. Il vise ensuite à cartographier un champ de recherches dont l'extension est souvent mal comprise : l'autobiographie au sens strict, mais également, et plus globalement, les écritures de soi. À un moment où la médiatisation de l'autofiction brouille les frontières entre fiction et non-fiction, il semble important de décrire les spécificités du champ non fictionnel et de se demander si l'écriture autobiographique est un modèle d'écriture identifiable à quelques traits précis ou un registre qui transcende les frontières génériques. Enfin, ce dictionnaire souhaite féconder un nouvel élan théorique. Il dépasse une vulgate promue par l'institution scolaire et universitaire, constituée en canon, ne se limite pas aux seuls corpus consacrés mais s'intéresse également à des auteurs méconnus, voire aux écritures ordinaires. Derrière le succès de l'autobiographie se cache une diversité de pratiques et de genres ayant en commun l'écriture à la première personne, qui connaissent des fortunes variables mais ne cessent de se nourrir réciproquement : Mémoires, souvenirs, témoignages, journaux personnels, correspondances intimes, chroniques... Il s'agit de désenclaver l'autobiographie en la réinscrivant dans une large continuité historique et au sein de l'espace francophone ; les écritures de soi, souvent réduites à leur seule prétention à calquer le monde, sont aussi des supports essentiels au renouvellement de la création littéraire.

    Sous la direction de Françoise Simonet-Tenant, avec la collaboration de Michel Braud, Jean-Louis Jeannelle, Philippe Lejeune et Véronique Montémont.

  • LE CHAMPAGNE, « pluie d'étoiles à l'envers. », s'exclamait la Reine Mère du Royaume-Uni. Dans un autre registre : « J'espérais qu'il y aurait du champagne » dit Pierrette « d'un petit air canaille », via Raymond Queneau. Ou encore : « La gloire a, pour notre nation, la légèreté du champagne » affirmait solennellement Chateaubriand.
    Depuis quand et comment s'installent dans notre langue le champagne et son cortège de représentations ? Quelle en est l'histoire ? Sabler, sabrer, battre, frapper le champagne ? Verre, coupe, flûte, flacon, bouteille, magnum, nabuchodonosor ? Et du côté de la fabrication, bouchage à la ficelle ? Agrafe ? Bouchon et muselet ? Mireur, remueur, caviste, cuviste oeuvrant au cercle : il faut les raconter. Tout comme dégorgement, dosage, bouchage, muselage, habillage, étiquetage, mais aussi dégustation et assemblage, parmi bien d'autres opérations. Et l'argot ? Du champ' à la roteuse, en passant par le pistolet. Quant aux festivités, quels sont les usages d'hier et d'aujourd'hui ? Place aussi à la littérature célébrant le bienfaisant Dom Pérignon. Mallarmé, A. de Noailles, Barrès, Dumas-fils, S. Bernhardt, J. Verne, R. Nimier et B. Pivot ont, entre autres, chanté ses bulles et ses marques prestigieuses. Un seul exemple à ne pas suivre : Max Lebaudy qui, selon Cocteau, lavait ses calèches au champagne.

  • L'ABEILLE ET SON MIEL « fille du ciel et manne céleste ».

    Industrieuse, dérobe-fleur, mignarde, suçotante ou aiguillonnante figuraient parmi les épithètes que recensait Maurice de La Porte en 1571 pour qualifier l'abeille, dans un ouvrage qui fit date. Quelque deux cent trente années plus tard, Bonaparte devenu Napoléon Ier parsèmera ses armoiries d'abeilles d'or. « Ainsi a-t-on dit quelquefois les abeilles pour l'Empire », écrira Émile Littré dans le courant du XIXe siècle. Plus tard encore, en 1901, Maurice Maeterlinck affirmera, avec un lyrisme flamboyant, que les abeilles « sont l'âme de l'été, l'horloge des minutes d'abondance, l'aile diligente des parfums qui s'élancent, l'intelligence des rayons qui planent, le murmure des clartés qui tressaillent, le chant de l'atmosphère qui s'étire et se repose ».
    Quant au miel, qu'il soit l'instrument d'un atroce supplice (le cyphonisme) ou bien qu'il soit subtil, suave, profitable, rosineux ou plus simplement délicieux, il a également charrié derrière lui les croyances, les savoirs et les représentations des époques successives.
    L'ouvrage, en proverbes, dictons, expressions et citations abonde, et les illustrations y sont légion.

  • Le présent ouvrage rend compte des phénomènes de la mondialisation et de la migration qui marquent l'époque actuelle et influencent profondément le champ littéraire français. Y sont répertoriés 300 " écrivains migrants ", nés en dehors du territoire français, mais vivant et publiant en France. Chaque entrée se compose d'une notice biographique, d'une analyse thématique développant l'impact de la migrance sur la créativité de l'écrivain, et d'une section bibliographique. Ont collaboré à ce projet neuf coordinateurs scientifiques : Charles Bonn (Université Lumière Lyon II), Jacques Chevrier (Université Paris-Sorbonne Paris IV), Dominique Combe (ENS Paris), Paul Dirkx (Université Nancy II), Susanne Gehrmann (Humboldt Universität zu Berlin), Pierre Halen (Université Paul Verlaine-Metz) et Julia Pröll (Leopold-Franzens-Universität Innsbruck).

  • L'orthographe du français est en perpétuelle évolution. En tant que norme sociale, elle s'incarne depuis à peine un siècle et demi dans les dictionnaires généraux monolingues les plus répandus. Ces dictionnaires, qui se succèdent dans le paysage lexicographique, sont investis d'un pouvoir décisionnel. En tant que norme graphique dont rendent compte les dictionnaires, l'orthographe n'est pas immuable. Chaque lexicographe possède en effet une part de choix dans les graphies des articles qu'il rédige, ce qui a conduit des linguistes à relever des milliers de variantes graphiques dans des ouvrages parus avant 1997. De plus, les éditions successives d'un même dictionnaire apportent chacune leur lot de changements orthographiques et de retouches dans le traitement lexicographique de l'orthographe.
    Pour circonscrire la transformation de la norme graphique, nous avons comparé entre eux les Petit Larousse 1997 à 2011 et les Petit Robert de la même période. La comparaison de ces trente ouvrages a impliqué la mise en oeuvre d'une grille de lecture dont les fruits portent sur l'orthographe. Une description classificatoire des 3800 changements graphiques relevés au fil des éditions met en relief les contours de l'évolution de notre orthographe. L'examen de ces données cède alors le pas à un questionnement sur la place du dictionnaire dans notre société et à une analyse de la responsabilité des lexicographes dans le changement linguistique.

  • Le xviiie siècle est pour le protestantisme français une période de clandestinité. Sauf en Alsace, aucun pasteur n'est autorisé à exercer son ministère. Il y a pourtant eu des pasteurs, en nombre relativement faible par rapport aux époques précédentes et suivantes, qui ont contribué à maintenir la foi réformée en France. Dans un premier temps, il s'agissait de ceux qui étaient en poste au moment de la Révocation et qui sont restés dans le pays ou qui y sont revenus, avant d'être, le plus souvent arrêtés et déportés, quelques-uns réussissant à fuir en exil. En 1718, il n'y a plus que trois pasteurs dans le pays, toujours sans compter l'Alsace, ni les desservants des chapelles des puissances étrangères. Nul pasteur ne venant de l'étranger, il faut, pour augmenter le nombre des ministres, consacrer des prédicateurs. La formation s'institutionnalise avec la création, en 1726, du séminaire de Lausanne, qui va former, de sa fondation à 1812, 486 étudiants, tous ne devenant cependant pas pasteurs, ou ne l'étant pas en France : 400 ont servi en France comme pasteurs ou proposants, dont 263 pendant la période des persécutions (1726-1787). Mais ce chiffre ne correspond de loin pas à l'ensemble des pasteurs français. Il faut en effet ajouter tous ceux qui se sont formés ailleurs à l'étranger, ceux qui se forment sur le tas, en France, notamment en Languedoc quand cette province refuse d'envoyer des séminaristes à l'étranger (de 1749 à 1762). Ce sont tous ces ministres qui ont permis au protestantisme français de se maintenir au xviiie siècle, avant de renaître au siècle suivant.
    L'interdiction du culte réformé a fait que ces pasteurs sont très mal connus. On n'en avait même jusque là aucune liste complète. Aussi ce Dictionnaire donne, pour la première fois, les noms de tous ceux qui ont exercé leur ministère en France entre la révocation de l'Édit de Nantes (1685) et les articles organiques (1802). Nous avons cherché à donner le plus de renseignements possible sur eux : leur état civil, leur famille, les études suivies, leur carrière pastorale, la liste de leurs publications éventuelles, les événements marquants de leur vie ; à cela s'ajoutent pour chacun d'eux, quand c'était possible, une liste de sources et une bibliographie.



  • À VÉLO OU À BICYCLETTE, NOM D'UN TOUR ! Gloire aux cyclistes, coureurs, promeneurs, ou facteurs ! En 1873, pas de bicyclette ni de cycliste dans le Littré, mais un vélocipède, « sorte de cheval de bois, posé sur deux roues, sur lequel on se mettait en équilibre ». Une précision cependant : « Dans le vélocipède moderne les pieds sont posés sur des étriers en forme de manivelle qui font tourner la grande roue, et donnent une grande vitesse. » Sans oublier l'étymologie : du « latin velox, rapide, et pes, pied ». Avec le premier Petit Larousse, en 1905, entre la bicyclette, « vélocipède à deux roues d'égal diamètre, dont la seconde [...] est mise en mouvement par une chaîne ». Mais existait aussi « la bicyclette sans chaîne dite acatène » ! C'est dans le millésime 1989 que rayonnera le premier article consacré au Tour de France, accompagné du rappel des vainqueurs depuis 1903, année du tout premier Tour. Gagné par qui ? M. Carin. On n'oubliera pas plus le goût des écrivains pour les cyclistes, à commencer par Proust fasciné par « la jeune fille à bicyclette », Albertine, symbole de modernité, ou René Fallet, observant une « idylle vélocipédique », « bicyclette d'homme et vélo de femme enlacés ». La vélocipédie a son histoire et son cortège de mots : grand-bi, draisienne, célérifère, petite reine ou bécane, deux roues familial, vélo de course, vélib, ou bmx, tous ont leurs secrets. À découvrir, illustrations comprises, surprenantes !

  • Comme dans toutes les régions de la francophonie, les habitants de la région Rhône-Alpes emploient des traits particuliers qui apportent une coloration et une saveur très appréciable au français qui y est parlé. Ainsi, à Lyon, quand il tombe une bonne radée, si vous ne voulez pas être trempe, mieux vaut vous réfugier dans une traboule ou entrer dans un bouchon que de vous bambaner à la vogue. Conçu à partir de 100 000 fiches, ce dictionnaire comportant 3000 entrées offre un patrimoine très riche sur le plan linguistique, mais aussi ethnologique. Le lecteur apprendra, par exemple ce que sont et où sont dégustés les grattons, la cervelle de canut, le picodon, la rigotte, la crique, la râpée, les gaudes, les diots, la tartiflette. Et en parcourant la rubrique étymologique, il apprendra d'où viennent ces mots.

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